Depuis plusieurs semaines, notre pays traverse une crise éducative profonde, lourde de conséquences pour les familles, les élèves et l’avenir même de notre Nation. La grève qui touche le secteur de l’éducation nationale ne peut être abordée ni avec légèreté, ni avec passion excessive. Elle exige lucidité, responsabilité et sens élevé de l’intérêt général.
Je veux le dire clairement, sans détour : les revendications des enseignants gabonais sont légitimes. Elles traduisent un malaise réel, ancien, accumulé, et souvent mal traité. Le combat pour la reconnaissance de la fonction enseignante, pour de meilleures conditions de travail, pour une rémunération plus juste et pour une gestion administrative assainie est un combat noble. Une Nation qui respecte ses enseignants investit dans son propre avenir.
L’État, sous l’impulsion du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a d’ailleurs posé des actes forts et sans précédent. Un protocole d’accord a été signé. Des engagements financiers majeurs ont été actés. Plus de 16 milliards de FCFA ont été mobilisés, des milliers de situations administratives ont été régularisées, des réintégrations effectuées, des mesures concrètes enclenchées. Cet effort traduit une volonté politique claire : sauver l’école gabonaise et restaurer la justice sociale dans ce secteur stratégique.
Mais il faut aussi avoir le courage de dire l’autre vérité : Bloquer la scolarité des enfants n’est pas acceptable. Faire planer le spectre d’une année blanche n’est ni un moyen de pression légitime, ni une option responsable. L’école n’est pas un champ de bataille. Elle est le socle de la République. Lorsqu’elle s’arrête durablement, c’est toute la Nation qui vacille.
Nous sommes aujourd’hui à un point critique. Les accords existent. Les ressources sont disponibles. Le dialogue est ouvert. Pourtant, la grève se durcit. Et ce durcissement pénalise d’abord les enfants, ensuite les parents, et enfin le pays tout entier.Il faut le rappeler avec gravité : le droit à l’éducation des enfants est supérieur à toute autre considération. Aucun combat social, aussi juste soit-il, ne doit s’exercer au détriment de l’avenir de ceux que nous avons la responsabilité de protéger.
Aux enseignants de notre pays, je veux adresser un message de respect et de reconnaissance. Vous êtes des piliers de la Nation. Votre rôle dans la formation des consciences, dans la transmission du savoir et des valeurs républicaines est irremplaçable. Mais cette place centrale vous confère aussi une responsabilité historique : celle de ne pas laisser une génération sacrifiée sur l’autel d’un bras de fer prolongé.
La sortie de crise ne viendra pas de la radicalisation, encore moins de la défiance. Elle viendra de la confiance, du dialogue et de la responsabilité partagée. L’État a fait un pas significatif. Au regard des points de négociations, bien que des efforts restent encore à faire, il faut reconnaitre l’effort de l’Etat.
Il est désormais temps de créer les conditions d’une reprise des cours, tout en poursuivant les discussions dans un cadre apaisé et structuré.
Sauver l’année scolaire n’est pas une capitulation. C’est un choix stratégique, un acte de maturité collective, un engagement en faveur de la paix sociale et du progrès durable. Notre pays n’a pas besoin d’une victoire des uns sur les autres. Il a besoin d’une victoire de la Nation sur la crise. Et cette victoire commence par le retour des enfants à l’école.
C’est ensemble, dans le respect mutuel et la responsabilité, que nous préserverons l’avenir de la jeunesse gabonaise.
Vive l’éducation de nos enfants,
Vive la fonction enseignante,
Que Dieu bénisse le Gabon.
Dr. Luck ONDIAS SOUNA, Pasteur, Homme d’Etat, Spécialiste en Économie Numérique


Une réflexion sur “Crise de l’éducation au Gabon : Entendre les enseignants, protéger nos enfants, sauver l’année scolaire”