Des politiques économiques, on distingue d’une façon plus générale, les politiques conjoncturelles des politiques structurelles. Les politiques conjoncturelles ont pour objectif de favoriser la stabilité de l’économie afin d’assurer une croissance régulière ; elles sont le plus souvent contra-cycliques, c’est-à-dire expansionnistes pendant les phases de récession et restrictives durant les phases d’expansion. Les politiques structurelles sont pour leur part des politiques de long terme qui visent à agir sur les variables stables à court terme, comme le rapport entre taux de profit et investissement ou la part du salariat dans la population active. Sur ces bases, s’articule toute politique économique, qu’elle soit du pays développé, ou du pays en développement.
En effet, liée au déclin des empires coloniaux, l’idée de développement émerge dans le mouvement de décolonisation qu’elle contribue à légitimer et dans les nouvelles institutions internationales. Pour les pays décolonisés, elle se présente au départ comme une nécessité pour la paix mondiale et comme un combat.
Pour ce faire, l’économie de développement concerne cet ensemble de pays, issus de la décolonisation, présentant un certain nombre de caractères économiques commun qui les distinguent de façon bien déterminée des pays industriels avancés. On ne saurait donc aborder l’étude des économies sous-développées sans modifier profondément, sous un certain nombre de rapports importants, les données de l’analyse économique traditionnelle, axée sur les pays industriels. L’ambition initiale était de faire d’une idée, voire d’une revendication, un concept à part entière à partir d’un postulat de spécificité.
Aussi, la genèse du sous-développement qui focalise les controverses, pour les uns, le sous-développement est le produit historique du développement d’un nombre limité de pays et des rapports de domination internationaux ; pour les autres il ne peut être un concept, il est un état que l’on peut appréhender par soustraction, une figure inversée, un simple retard. Si ce clivage entre radicaux et libéraux, comme on les désigne respectivement, est le plus manifeste, l’idée initiale et la plus largement partagée est que le développement n’apparaitra pas de façon spontanée et qu’il passe par une industrialisation volontaire.
Ainsi, le développement implique au départ la rupture des dynamiques existantes et une mobilisation volontaire des ressources avec le concours de financements extérieurs. La réflexion sur les modalités de la croissance a eu une importance notable dans l’élaboration de la théorie du développement. Elle n’est qu’en apparence technique. A la croyance dans les automatismes du marché s’oppose en effet une conception humaniste teintée d’une sorte de scientisme.
D’une façon générale, les économies doivent rester ouvertes et l’allocation des ressources, respecter la dotation initiale en facteurs de production, ne sauraient être transgressée. Les pays sous-développés disposant d’une main-d’œuvre abondante et de peu de capital, sont appelés à se tourner vers des industries d’exportation faiblement capitalistiques et intensives en travail ou vers une agriculture modernisée. Cependant cette spécialisation se détermine, comme le veut la théorie pure du commerce international, autant à partir d’une situation d’autarcie qu’à partir d’un préalable d’ouverture. Entrent ainsi en ligne de compte notamment les apports de capitaux extérieurs qui desserrent la contrainte de capital et l’état évolutif de la demande mondiale et des techniques.
Le financement extérieur est appelé à lever deux goulots d’étranglement limitatifs de la croissance par rapport à un volume d’investissement désiré. L’insuffisance de l’épargne intérieure (à laquelle est associé celle des qualifications) et le déficit extérieur par l’apport de devises.
Par ailleurs, le model retient, la propension à épargner et les propensions à importer et à exporter, donc l’absence de substitution entre ressources intérieures et extérieures. Le modèle permet de déterminer le montant d’apport financier extérieur pour réaliser un objectif cible de croissance.
SKB


