Le Gabon victime de son hospitalité

images.jpg2

Les gabonais ne sont pas racistes ni xénophobes et il n’y a pas plus d’individus xénophobes au Gabon que partout ailleurs. Il n’y a pas au Gabon, de partis politiques qui fondent leur idéologie sur la xénophobie ou le racisme ou encore leurs programmes politiques sur le rejet des étrangers. Au Gabon, comme ailleurs, dans le monde, les actes posés par un parti politique institutionnellement reconnu ou non n’engagent pas le peuple ni même l’ensemble de la classe politique du pays. Il en est de même pour les propos que pourraient tenir, à titre individuel et hors des canaux officiels, un responsable politique, de l’opposition ou du pouvoir, qui n’engagent que ce responsable à titre individuel et non le peuple gabonais dans sa globalité.

Jamais, dans l’histoire du Gabon indépendant, la présence d’étrangers ou de gabonais d’origine étrangère à des niveaux stratégiques au sein du pouvoir n’avait suscité, au Gabon et à l’étranger, autant de passion que depuis quelques temps. Il n’est pas possible, même à titre d’hypothèse, de penser que le gabonais serait xénophobe ou raciste. Quiconque connait le Gabon, même de manière superficielle, ne peut affubler ce pays d’un tel mal.

Sous l’ère Léon Mba et l’ère Omar Bongo, le mirage pétrolier a amené les gabonais à se convaincre que leurs valeurs, leur système sociétal et économique étaient des exemples à suivre et que tout ce qui pouvait sortir de ce cadre était à leurs yeux inférieur. Le gabonais avait donc cette réputation tout autant que le pays, qui n’a de cesse de bercer les rêves des candidats au mirage gabonais même en situation de crise comme on le vit depuis quelques temps avec la baisse du baril de pétrole. Et il en arrive tous les jours.

Notre pays n’est pas le seul au monde où on distingue des citoyens d’origine et des citoyens d’adoption (naturalisés) et dont la législation intègre ces aspects. Le Gabon n’est pas non plus le seul pays au monde où les étrangers ont des droits civiques limités par rapport aux nationaux, etc.

Plus que tout autre pays en Afrique, le Gabon est un pays qui subit une forte immigration. Même si on a une idée à peu près précise du nombre des migrants légaux (ceux disposant d’une carte de séjour en bonne et due forme), il reste que le nombre total d’étrangers légaux et illégaux au Gabon n’est pas connu et ne peut pas être connu avec certitude. On sait aussi que nombre d’études ont relevé le dépassement inquiétant du seuil de tolérance au Gabon, que certains démographes situent entre 30% et 40% alors que le seuil normal doit se situer entre 5% et 7%.

Pourtant, lorsqu’on voit l’ampleur de l’immigration au Gabon, notamment la forte colonie ouest-africaine constituée principalement de béninois, togolais, sénégalais, nigérians, ghanéens, burkinabè, mauritaniens, ou encore les populations venues d’autres continents comme les libanais, les Malaisiens ou les chinois de plus en plus nombreux, on ne peut pas laisser dire que la xénophobie fasse partie de l’identité gabonaise.

Aucun étranger au Gabon n’a subi ce que les populations noires américaines vivent dans leur propre pays. Le Gabon est un pays de liberté et de paix. Le Gabon est seulement un pays d’ouverture et d’accueil. C’est une valeur intrinsèque de l’identité gabonaise.

DFI

Laisser un commentaire