Le Forum des patrons de presse d’Afrique s’est ouvert ce matin par un appel à l’attention des organisations de presse à accorder une plus grande attention aux questions de développement. Plus de 600 participants se sont réunis à Johannesburg pour la 7ème édition du Forum, qui se tient pour la toute première fois en Afrique australe.
Organisé par l’Initiative des médias d’Afrique, le Forum a été officiellement ouvert par la présidente de Maurice, Son Excellence, le Dr Ameenah Gurib-Fakim. « Les propriétaires et les professionnels des médias doivent être actifs, et non passifs, dans le traitement des questions de développement, en générant des solutions locales tout en encourageant l’engagement citoyen et le débat sur le développement, » a lancé son excellence Mme la présidente à l’auditoire composé d’experts dans les domaines des médias, de la technologie, du développement et de la formulation des politiques.
Elle a incité les médias à « devenir activistes, et non pacifistes, dans la recherche des solutions de développement centrées sur l’Afrique qui sont économiquement viables, socialement pertinentes et respectueuses de l’environnement».
D’autres hautes personnalités ont également pris la parole au cours de l’événement, notamment l’Honorable Jeff Radebe, ministre de la Planification, du Suivi et de l’Evaluation à la Présidence sud-africaine ; le Dr. Carlos Lopes, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ; Mme Bineta Diop, Envoyée spéciale de la Présidente de l’Union africaine chargée des questions de femmes, de paix et de sécurité; et M. Mamadou Biteye, directeur général du Bureau Afrique de la Fondation Rockefeller.
Dans son propos, Mme Bineta Diop a invité les médias à « servir de catalyseur du changement en modifiant le récit sur les femmes et en braquant les projeteurs sur les histoires cachées », avant d’ajouter « L’Afrique contribue le plus grand nombre de casques bleus femmes, et les femmes ont été aux avant postes de la bataille contre Ebola. Ces histoires et bien d’autres restent tues ».
Le thème du Forum est centré sur le rôle des médias dans le façonnement des débats sur le développement dans un environnement de plus en plus numérique. L’événement de deux jours examinera particulièrement les moyens d’améliorer la qualité du contenu médiatique afin d’influencer la gouvernance, et de bâtir des sociétés informées, plus fortes et plus viables économiquement. Le Forum va également clarifier certains points sur les technologies numériques disponibles pour la collecte et la diffusion de l’information.
S’exprimant lors de l’ouverture officielle du Forum, le Dr. Lopes a lancé un vibrant appel aux médias en Afrique pour qu’ils utilisent les données générées par les Africains au lieu de compter sur des informations produites par l’Occident quand il s’agit de raconter l’histoire africaine, soulignant que « les données qui façonnent le récit, dictent aussi le sujet».
« Le temps des mégadonnées est arrivé pour tout journaliste qui prend le temps de maîtriser la plupart des outils proposés gratuitement par IBM, Google, et d’autres pour renforcer la capacité médiatique du continent, » a indiqué le PCA d’AMI, M. Trevor Ncube.
L’édition AMLF de cette année a démarré avec un symposium sur les discours de haine, organisé à l’Université de Witwatersrand le 11 novembre 2015. L’ouverture officielle du forum a aussi été marquée par des débats d’experts autour des questions telles que les données sur les audiences, l’entrée de nouveaux acteurs étrangers sur le marché médiatique africain, ainsi que l’émergence d’une nouvelle culture numérique et les effets de la technologie sur le développement de l’Afrique.
Au cœur du travail de l’Initiative des médias d’Afrique (AMI) se trouve l’objectif d’améliorer le contenu des médias, la déontologie et le professionnalisme. L’organisation de la 7ème édition d’AMLF fait suite aux consultations avec les professionnels des médias sur les défis que rencontre l’industrie. « Les médias doivent percevoir leurs difficultés sous le prisme des défis plus vastes de notre continent, et travailler à bâtir des sociétés plus fortes. Les médias ne peuvent pas se développer si les sociétés et les économies dans lesquelles ils opèrent ne croissent pas, » a souligné le PDG d’AMI, Eric Chinje.
Les participants à l’édition 2015 d’AMLF pourront profiter de diverses sessions qui apporteront des connaissances approfondies distillées par des experts venus de tout le continent et de par le monde. Ces savoirs porteront par exemple sur : la réduction de la fracture numérique dans la distribution et le tirage de journaux ; les modèles d’affaires innovants pour les entreprises de petite et moyenne taille ; ainsi que la convergence entre la radio et les réseaux sociaux.
AMI


