
La sécurisation alimentaire suppose de dépasser les enjeux de croissance des disponibilités pour favoriser l’accessibilité des populations à une alimentation saine et responsable et construire des modes de production et de distribution plus durables. Nos pays sont plus que jamais appelés à prendre en charge le problème de la faim et de la malnutrition en y accordant plus d’intérêt et d’analyse.
Il est ainsi nécessaire de cerner les divers aspects de la nutrition et de contribuer à la formulation de politiques et d’actions en mesure de la renforcer à travers des objectifs stratégiques de développement. Investir dans la nutrition à travers des approches multi-sectorielles, est une politique efficace de développement social et un vecteur de croissance économique. En effet, la malnutrition en Afrique entraine des pertes économiques estimées variant de 1,9% à 16,5% du PIB selon les pays.
La malnutrition est reconnue comme la menace la plus importante pour la survie des enfants, et comme étant responsable de 45% de la mortalité infantile dans le monde chaque année. La mauvaise alimentation occasionne aussi une perte de 11% du potentiel de productivité économique des pays d’Afrique et d’Asie, ayant un fort impact dans le développement cognitif des enfants et la capacité de travail des adultes. La région de l’Afrique Centrale par exemple, verra sa population de malnutris augmenter de 14,37% sur la période 2014-2016.
Ce qui est alarmant surtout que sur la même période pour les autres zones de l’Afrique subsaharienne la tendance à la hausse sera moindre, cas par exemple de l’Afrique de l’Est et du Sud, respectivement, 19,6% et 2,3%, voire en nette diminution cas de l’Afrique de l’Ouest, -24,5%.
Par ailleurs, une amélioration de la production ne se traduit pas nécessairement par une augmentation de la consommation, et peut même résulter en une diminution, quand l’autoconsommation est remplacée par la vente par exemple. Beaucoup de pays de la zone SFC ont amorcé un processus d’amélioration de la dimension nutrition dans le cadre de leur programme d’investissement en vue d’une synergie sécurité alimentaire/sécurité nutritionnelle.
Toutefois, le succès d’un tel processus nécessite, dans le cadre d’une planification multi-sectorielle, une compréhension de la nouvelle vision de la FAO en nutrition, une appropriation effective et commune du continuum sécurité alimentaire-sécurité nutritionnelle- résilience, et une approche programmatique qui vise un impact durable.
Aussi, la reconnaissance du caractère multidimensionnel de la sécurité alimentaire et de la nutrition a favorisé l’émergence de nombreuses initiatives, qui tentent de rapprocher les agendas liés à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et à la nutrition. La diversité d’acteurs, de points d’entrée et de priorités-la résilience, la faim ou la nutrition, complexifie la compréhension globale des messages et la portée des initiatives. Pourtant elles partagent un certain nombre de constats, entre autres l’échec des stratégies sectorielles isolées pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et la nécessité d’assurer un continuum entre les interventions d’urgence et de développement.
SKB

