Sommet de La Valette sur la migration : « A ucune partie du monde ne peut être une forteresse . Nous devrions être ouverts à la migration régulière »

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Les dirigeants de l’Union africaine et de l’Union européenne ont mis fin à un sommet de deux jours sur la migration et sont
convenus des certaines mesures afin de « gérer résolument et ensemble les flux migratoires dans tous leurs aspects ». Le Sommet de La Valette a abouti à l’engagement des dirigeants d’aborder les causes profondes de la migration irrégulière et du déplacement forcé, en tenant compte de la question de migration et de mobilité dans la formulation de leurs stratégies de développement, programmation et mise en œuvre.
Selon la déclaration finale du Sommet de La Valette sur la migration, la réponse commune des dirigeants africains et européens sera essentiellement axée, entre autres, sur la réduction de la pauvreté, la promotion de la paix, la bonne gouvernance, l’État de droit et le respect des droits de l’homme, sur l’appui à la croissance économique inclusive grâce aux possibilités d’investissement et à la création d’emplois décents, faisant renaître l’espoir notamment chez la jeunesse africaine.
Dans son allocution liminaire, la Présidente de la Commission de l’Union africaine a souligné l’attitude de certains pays européens qui ont adopté une approche protectionniste, érigeant pour ainsi dire une forteresse, dans la recherche de solutions à la migration. «Aucune partie du monde ne peut être une forteresse. Nous devrions être ouverts à la migration régulière» a déclaré Dr Dlamini Zuma tout en exprimant sa profonde appréciation à ces pays européens qui ne se sont épargné aucune peine pour sauver la vie des migrants et les traiter avec humanité et dignité.
Réagissant aux soi-disant centres de traitement à installer pour les migrants, la Présidente de la Commission de l’Union africaine a été très claire en ce qui concerne la position de l’Union africaine : « L’Union africaine n’appuie pas et n’approuve pas l’installation de ces soi-disant centres de traitement en Afrique. Ces centres de traitement, ou peu importe le nom qu’on leur donne, sont de facto des centres de détention et constitueront une sérieuse violation des droits de l’homme et une nouvelle mesure de victimisation à l’égard des migrants. Plus particulièrement, les femmes et les enfants y courront de grands risques d’être victimes de viol et de traite d’êtres humains, y compris le trafic d’organes humains».
L’idée de centres de traitement était une question essentielle durant les négociations entre les Équipes de négociateurs africaines et européennes. Mettant en perspective la situation globale de la migration en période de croissance économique, la Présidente de la Commission de l’Union africaine a cité le Dr Carlos Lopes, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique : « À chaque moment de l’histoire, la croissance a occasionné la migration à partir de ce même lieu.
C’est effectivement ce qui se passe avec les Chinois et les Indiens en ce moment même, comme en Afrique. La croissance offre les chances d’une nouvelle vie mais sa répartition, en particulier au cours des premières étapes de développement d’un pays, est inégale et imprévisible. Ceux qui voient chez le voisin des moyens et de l’espoir qu’ils n’ont pas eux-mêmes tentent l’aventure à l’extérieur. Il aurait été ridicule de proposer de bombarder les bateaux qui mettaient voile sur l’Amérique du Sud, bondés de migrants qui fuyaient les malheurs qui ont suivi les deux guerres mondiales. Ces migrants cherchaient une vie meilleure. Et pourtant, leurs pays connaissaient une croissance sans précédent grâce, entre autres, au plan Marshall».
Les dirigeants africains et européens sont également convenus de renforcer la protection internationale des migrants et de renforcer l’aide, reconnaissant la nécessité de faciliter la migration et la mobilité régulières des entrepreneurs, des étudiants et des chercheurs.
Un Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, à hauteur de 1,8 milliards d’euros, a été lancé afin de mettre en œuvre le Plan d’action convenu du Sommet de La Valette sur la migration. Il s’agira d’aborder les causes profondes de la migration irrégulière et des personnes déplacées en Afrique. En bénéficieront les pays des régions du Sahel et du lac Tchad, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique du Nord, considérées comme étant les principales routes de la migration vers l’Europe.
La Présidente de la Commission de l’Union africaine a souligné la nécessité de trouver des solutions durables à court, moyen et long termes, insistant sur le fait que la situation ne peut être résolue du jour au lendemain par des solutions hâtives. Elle a demandé à l’Europe d’œuvrer en partenariat avec l’Afrique dans la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Afrique, où l’accent est mis sur le développement et la modernisation du continent grâce à l’industrialisation, la formation des compétences et la promotion de l’entrepreneuriat, qui permettront de créer des emplois pour la jeunesse africaine attirée vers l’Europe à la recherche d’une vie meilleure.
UE

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