
S’il est évident que le groupe terroriste Boko Haram a ses origines dans la région septentrionale de la République Fédérale du Nigeria, il n’en reste pas moins vrai que les actions de ce groupe ainsi que les implications de ces dernières font de Boko Haram une menace réelle à la paix et à la sécurité internationales.
En effet, depuis sa décision d’étendre ses actions au-delà de la République Fédérale du Nigeria, les sous-régions de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’ouest se retrouvent sur la ligne de mire de l’insécurité perpétrée par le groupe terroriste Boko Haram.
Les conséquences des actions de Boko Haram sont une indication claire des dommages que ce groupe terroriste a infligés sur les pays du Bassin du Lac Tchad, sa zone d’opération : des milliers de morts, plus de 4 millions de déplacés internes, plus de 200 000 réfugiés, d’importantes destructions des infrastructures sociales, la perturbation des activités économiques, y compris du commerce transfrontalier, etc.
La nature des méthodes (non-conventionnelles) extrêmement violentes utilisées par le groupe terroriste Boko Haram a, pendant un long moment, représenté un défi important aux forces de sécurité des Etats de la ligne de front formées dans une large mesure pour faire face à des situations de lutte conventionnelle.
En optant délibérément pour l’internationalisation de son action, le groupe terroriste Boko Haram a contraint les acteurs étatiques et intergouvernementaux directement affectés par sa terreur à une coopération efficace en vue de lui opposer une résistance proportionnelle à ses actions.
Aussi, la CEEAC a entreprise un certain nombre d’actions:
En tant qu’organisation intergouvernementale sous-régionale, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) est directement affectée par les actions du groupe terroriste Boko Haram.
En effet, la République du Cameroun et la République du Tchad, deux Etats-membres de la CEEAC, se trouvent, du fait de leur proximité géographique au Bassin du Lac Tchad, sur la ligne de front de la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, aux côtés de la République Fédérale du Nigeria, de la République du Niger, mais aussi de la République du Bénin.
Tout en reconnaissant les efforts engagés par d’autres instances intergouvernementales dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, la CEEAC a entrepris un certain nombre d’actions en guise de sa contribution à la mobilisation internationale nécessaire à l’éradication du groupe terroriste Boko Haram.
Au départ, les actions de la CEEAC s’étaient focalisées sur la publication des communiqués condamnant les attaques de Boko Haram chaque fois que ces dernières se produisaient.
Ainsi, la CEEAC s’est davantage préoccupée des actions du groupe terroriste Boko Haram à travers sa participation à des niveaux variés à des rencontres diverses sensées discuter l’importante question du terrorisme, en général, et Boko Haram, en particulier.
Plus récemment, en février 2015, la CEEAC a organisé une session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale (COPAX) à Yaoundé, République du Cameroun.
La session extraordinaire des Chefs d’Etat du COPAX fut une opportunité pour les Etats-membres de la CEEAC d’harmoniser leurs vues sur la question Boko Haram, de prendre la juste mesure de la menace que ce groupe terroriste fait peser sur la sous-région ainsi que d’adopter une stratégie collective de lutte contre Boko Haram.
La stratégie collective adoptée par la CEEAC, dérivée de la Déclaration de Yaoundé des Etats Membres du COPAX sur la Lutte contre le Groupe Terroriste Boko Haram, s’articule sur trois aspects ou dimensions : politico-diplomatique, sécuritaire et humanitaire. En outre, cette stratégie reconnait tous les efforts existants dans le cadre de la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, y compris l’initiative de déploiement de la Force Multinationale Mixte proposée par les Etats-membres de la Communauté du Bassin du Lac Tchad et endossée par l’Union Africaine.
Dans le cadre de l’opérationnalisation de leur stratégie commune de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, les Etats-membres de la CEEAC sont en cours de mobilisation d’une somme de 50 milliards de FCFA comme appui aux efforts de guerre en cours pour la République du Cameroun et la République du Tchad.
Tout en adoptant sa stratégie de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, la CEEAC est restée engagée dans sa logique de coopération avec tous les autres acteurs impliqués dans ladite lutte, y compris la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
A cet effet, les Présidents de la République du Congo, Son Excellence Denis SASSOU-NGUESSO, et de la République de Guinée Equatoriale, Son Excellence Teodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO, avaient entrepris, au nom de leurs pairs de la CEEAC, des consultations avec le Président de la République du Ghana, Son Excellence John MAHAMA, en sa qualité de Président en Exercice de l’Autorité des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO dans la perspective de la tenue d’un sommet conjoint CEEAC-CEDEAO consacré à la question BOKO HARAM.
Le sommet conjoint des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC et de la CEDEAO a déjà été convoqué à deux reprises, en avril et juillet 2015, sans beaucoup de succès, pour des raisons de non-coïncidence des calendriers des Chefs d’Etat et de Gouvernement de deux sous-régions.
En application des recommandations contenues dans la Déclaration de Yaoundé citée ci-haut, une session de la Commission de Défense et de Sécurité s’est tenue à Yaoundé du 1er au 5 juin 2015 en vue d’élaborer un plan d’action de la CEEAC en vue de la lutte contre le groupe terroriste BOKO HARAM.
Le plan d’actions de la CEEAC adopté à Yaoundé s’articule ainsi sur quatre domaines essentiels, à savoir le domaine politico-diplomatique, le domaine de la communication, le domaine logistique ainsi que le domaine humanitaire (voir Plan d’Actions en annexe).
Par ailleurs, le plan d’actions de la CEEAC sur BOKO HARAM devra désormais se lire en symbiose avec le projet de stratégie de la CEEAC de lutte contre le terrorisme en Afrique centrale adopté à l’issue de la réunion des directeurs généraux des services de sécurité et des renseignements de la CEEAC tenue à Libreville, du 29 au 30 juillet 2015 (voir projet de stratégie en annexe).
Enfin, il sied de rappeler que le Secrétariat Général de la CEEAC et, à travers lui, la Présidence en Exercice de la CEEAC continue à suivre de près les développements relatifs aux actions du groupe terroriste BOKO HARAM dans la sous-région de l’Afrique centrale. C’est dans ce contexte qu’il sied de comprendre les communiqués de presse publiés par ces deux instances pour condamner les dernières attaques-suicides perpétrées par ce groupe terroriste notamment à N’Djamena, à Fotokol et à Maroua.
PP

