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La présente session se tient conformément à la décision de la 16ème Conférence ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC qui s’est tenue, le 25 mai 2015 à N’Djamena. En effet, lors de cette Conférence, les Chefs d’Etats ont pris l’engagement de poursuivre la réflexion en vue de soutenir le processus de stabilisation et de sortie de crise en République Centrafricaine, dans un élan de solidarité avec pour objectif majeur, de consolider la paix et la sécurité dans notre espace communautaire.
Les pays de la CEEAC se mobilisent sans ménagement depuis maintenant deux décennies autour de la question centrafricaine. Cette question qui interpelle aussi la Communauté internationale, a fait l’objet de Recommandations lors de la Réunion de Haut niveau sur la République Centrafricaine qui s’est tenue le 1er octobre 2015 à New York, en marge des travaux de la 70ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. La Communauté internationale s’accorde sur le fait que la voie des urnes reste la seule issue envisageable pour régler durablement la crise politique en République Centrafricaine.
C’est pourquoi, aujourd’hui, les pays ont la délicate mission d’examiner les voies et moyens pour asseoir le processus électoral en République centrafricaine. A cet effet, il faut :
-valider le nouveau calendrier électoral proposé par les Autorités centrafricaines ;
-boucler le budget électoral qui accuse un déficit de trois millions six cent trente mille dollars (3 630 000$) ;
-nous assurer de l’adhésion de toutes les parties prenantes à ce processus de sortie de crise, pour qu’enfin nous puissions envisager sereinement les perspectives post-électorales.
C’est dire, toute l’ampleur de la tâche qui leur incombe et l’urgence que commande la situation sécuritaire actuelle en RCA. Aussi, depuis le mois de septembre dernier, la Capitale centrafricaine et ses environs connaissent un regain de violence, mettant ainsi à mal les avancées positives enregistrées à ce jour dans la conduite de la feuille de route et fragilisant les institutions de la Transition. Aujourd’hui, de nouvelles opportunités s’offrent à toute la classe politique centrafricaine pour que des élections libres, justes et transparentes se tiennent dans un climat apaisé.
Un appel est lancé à nouveau aux acteurs politiques centrafricains pour un dialogue et une réconciliation durables. Ce d’autant plus, que les différents acteurs politiques viennent de prendre un engagement solennel en adoptant un Code de bonne conduite, dans lequel ils acceptent de mener une saine compétition politique et à se soumettre au verdict des urnes. L’inscription massive des populations à la liste électorale, témoigne de la volonté du peuple centrafricain de sortir définitivement des affres des crises à répétition que vit ce pays, et de leur détermination à amorcer une expérience démocratique inclusive et durable. C’est pour toutes ces raisons qu’il faut redoubler d’efforts et rester vigilants, au regard des nombreuses menaces qui continuent d’assombrir l’horizon. Rien ne justifie les appels à une autre transition, que la CEEAC, récuse fermement.
De même qu’elle condamne toutes les tentatives de déstabilisation violentes, qui causent tant de victimes innocentes. Par conséquent, il est impérieux que les autorités de la Transition parlent d’une seule et même voix. Toute dissension au Sommet de l’Etat aurait un impact négatif à un moment critique du processus électoral.
Le Sommet extraordinaire qui réunit ce jour les Etats, permettra d’échanger et de mettre en exergue les points sur lesquels, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Afrique Centrale, devrons s’entendre, pour arriver à une solution pérenne à la crise en cours. Ils devront, tout particulièrement, s’appesantir sur la nécessité de renouveler leur appui politique à la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine.
De même les Etats réaffirme leur soutien au Représentant spécial du Secrétaire général afin que le Conseil de Sécurité des Nations Unies dote la MINUSCA de tous les moyens dont elle a besoin et, si nécessaire, renforcer son mandat, pour lui permettre de remplir plus effectivement sa complexe mission dans un environnement volatile. Enfin, ils devront aussi identifier ensemble les perspectives post-électorales devant conduire à la reconstruction et la stabilisation du pays pour rompre une fois pour tout le cycle de la violence politique.
SKB

