
Dans une dynamique progressive de conception d’un outil de valorisation de l’engagement RSE des organisations africaines, le Manifeste de Accra issu de la troisième édition (2013) du Forum International des Pionniers de la RSE organisé en partenariat avec l’Association des Employeurs Ghanéens (GEA) a mandaté l’Institut Afrique RSE (IA-RSE) pour l’élaboration du Label RSE Afrique.
Afin de mobiliser les parties prenantes autour de ce projet ambitieux de co-construction du Label RSE Afrique, IA-RSE a lancé en 2014, le Kilimandjaro Top Managers (KTM). L’objectif du KTM, qui réunit à chaque édition en moyenne 100 cadres et dirigeants, est d’amener les Managers africains au sommet de la performance financière et sociétale avec le Label RSE Afrique.
Chaque année 10 à 12 millions d’africains arrivent sur le marché du travail. Et ce chiffre risque d’augmenter avec l’explosion démographique. D’après la publication « Africa’s Demographic Transition : Dividend or Disaster ? » de la Banque Mondiale, l’Afrique comptera près de 2,8 milliards d’habitants en 2060. Dans un autre rapport de suivi mondial 2015, elle précise également que plus de la moitié de la population en âge de travailler dans le monde d’ici 2050 vivra en Afrique Subsaharienne.
L’emploi et l’insertion socio-professionnelle des jeunes sont les principaux défis actuels et futurs de l’Afrique. En 2012, les Perspectives Economiques pour l’Afrique (PEA) publiées par la Banque Africaine de Développement, le Centre de Développement de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique et le Programme des Nations Unies pour le Développement, étaient consacrées exclusivement à l’emploi des jeunes. Le rapport stipule que les jeunes sont le plus grand atout de l’Afrique, mais il faut trouver des solutions aux problèmes structurels qu’ils rencontrent.
Dans le cadre de la Responsabilité Sociétale, les entreprises en général et les Multinationales en particulier sont une bonne partie de la solution du problème de l’emploi des jeunes en Afrique.
Comment les investissements étrangers peuvent-ils se traduire par des opportunités d’emploi de qualité pour les jeunes au niveau local et davantage contribuer au développement national ?
Pour répondre à cette question, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) ont entrepris en 2011 un programme de recherches axées sur l’action portant sur l’optimisation de la création d’emplois (directs et indirects) locaux à travers les sociétés multinationales en se concentrant notamment sur l’emploi des jeunes.
Avec pour thème « Promouvoir la création d’emplois pour les jeunes dans les entreprises multinationales et leurs chaînes d’approvisionnement », le projet a été réalisé en Côte d’Ivoire, Guinée, Libéria et Sierra Leone dans les secteurs agriculture / agro-industries, banques, mines et télécommunications.
L’élargissement de la recherche d’opportunités d’emplois pour les jeunes dans les chaînes d’approvisionnement est d’autant plus important en Afrique que celles-ci sont parfois dans l’informel.
C’est le cas notamment pour les secteurs agriculture / agro-industrie et télécommunications où certains fournisseurs et/ou distributeurs finaux sont généralement dans l’informel.
Avec une politique ambitieuse de local content axée sur l’emploi des jeunes et globalement d’une démarche de Responsabilité Sociétale élargie à la sphère d’influence (y compris, les acteurs de l’informel), les entreprises peuvent jouer un rôle primordiale dans la transformation structurelle de l’Afrique.
Adoptée en Juin 2015 par l’Organisation Internationale du Travail, la Recommandation N° 104 sur la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle offre aux parties prenantes de véritables leviers d’actions.
TT

