Littérature: Jean Divassa Nyama fait honneur au Gabon

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Récent lauréat du Prix Ahmed BABA 2016 au Mali avec le livre « L’amère saveur de la liberté », l’écrivain gabonais Jean Divassa Nyama a accordé un entretien à la rédaction de GABONINFOSLIVE, dont voici la teneur:

GABONINFOSLIVE (GIL): Vous venez de remporter un prix littéraire. Dans quel état d’esprit êtes vous ?
JEAN DIVASSA NYAMA (JDN): Je suis très heureux. Le Mali m’évoque pleins de souvenirs d’enfance, où j’ai appris l’histoire de l’empire Mandengue avec Soundiata Keita. C’est un pays qui m’a toujours fais rêvé, alors recevoir un prix là-bas, c’est le sommet. En y arrivant, les populations que j’ai rencontrés m’ont tout de suite accueillis avec ferveur.

GIL: Que représente pour vous, l’obtention de ce prix ?
JDN: C’est un prix de confirmation. Vu que mon premier prix en 2010 en Egypte « Le grand prix littéraire d’Afrique noire » m’a permis d’être traduit en langue arabe, un prix de découverte décerné par l’AELF (Association des Ecrivains de langue Française); puis le second « Le prix du Président de la République » en 2013, décerné par l’UDEG (Union Des Ecrivains Gabonais)fut un prix d’espoir.

GIL: A ce propos, quels sont les thématiques abordées dans votre ouvrage primé « L’amer saveur de la liberté » ?
JDN: Il s’agit de la conquête coloniale au Gabon au début du 20e siècle. J’ai travaillé sur la conquête coloniale au Sud Gabon avec Bombey Nianguet et Mavouroulou de 1904 à 1908 et la guerre en 1909, une guerre qui se déroule à Moukab. Comme j’ai constaté que toute l’histoire du Gabon était tronquée, je me suis penché sur l’histoire du Gabon de 1907 à 1913 dans le Woleu Ntem et l’Ogooué Ivindo. Ce sont des recherches que j’ai eu à effectuer aux Archives Nationales d’Outre Mer d’Aix-en-Provence qui m’ont permis avec les sources orales, de me pencher sur ce pan de l’histoire de notre pays.

GIL: Pensez-vous que l’objet de votre ouvrage fera echo auprès du Ministère de l’Education Nationale ?
JDN: L’ouvrage est déjà exploité par l’Enseignement Supérieur avec le département de littérature africaine de l’UOB. Meme que les critiques littéraires qui sont à l’Université ont déjà commis des articles présentés durant des colloques à l’étranger, et ils ont produit un livre sur le pouvoir à l’intérieur duquel il y a des articles sur mon livre. Il y a en plus, des étudiants qui préparent des mémoires de Maitrise, une thèse de Doctorat et une thèse d’Habilitation qui se fait par un professeur de l’UOB sur mon livre. C’est dire que « L’amère saveur de la liberté » parle de lui-même.
Au niveau du secondaire, il y a le lycée de Ndjolé qui l’a déjà exploitée. Donc, le Ministère de l’Education Nationale ne peut que se frotter les mains pour voir un pan de l’histoire gabonaise qui leur parle directement.

GIL: A l’approche des élections présidentielles, le fait d’entrer de plein pied dans notre histoire, ce n’est pas là, un pas de plus vers le réveil patriotique des uns et des autres ?
JDN: Oui, c’est un réveil patriotique parce que la colonisation a un peu étouffée ce sentiment dans la mesure où notre pays a eu des héros comme Mbombey, Mavouroulou, Emane Ntole, Oyone Mintsa. Ce sont des personnes qui ont été effacée de la mémoire collective des gabonais à cause certainement du parti unique PDG de l’époque, qui ne voulait pas réveiller la fibre nationale. Mais aujourd’hui, je crois qu’il est bon que chaque gabonais récupère cette Histoire pour retrouver ses repères.

GIL: Avez vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?
JDN: Je leur demande d’acheter mon livre et de comprendre pourquoi nos ancêtres ont voulu se libérer, chercher à être digne. Il faudrait que les gabonais soient toujours à la quête de leur liberté et de leur dignité.

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