CULTURE: Cinéma:Philippe Mory, un Monstre Sacré s’en est allé

sans-titre.000

Considéré comme « le père du cinéma gabonais », Philippe Mory s’est éteint mardi, 7 Juin 2016 dans sa résidence de la capitale à l’âge de 81 ans.

Il se serait suicidé dans sa résidence de Nzeng-Ayong dans le 6e arrondissement de Libreville. C’est une perte immense pour le cinéma gabonais, c’est une grande figure du 7ème art qui s’est éteinte.

Né en 1935, Philippe Mory démarre sa carrière cinématographique en France en 1954. Comédien de théâtre et de cinéma, l’homme participe d’abord en tant que comédien au tout premier court métrage qui marque le début de la cinématographie officielle d’Afrique noire : Afrique sur Seine, de Paulin Soumanou Vieyra. (1954).Il est de nouveau acteur dans L’enfant au fennec de Jacques Dupont (1958).

sans-titre.1111

Acteur, scénariste et réalisateur gabonais, Philippe Mory est l’un des pionniers des cinémas d’Afrique noire. D’abord comédien de théâtre, Philippe Mory est repéré par le cinéaste Michel Drach, il tient son premier grand rôle au cinéma et rôle principal dans son film « On n’enterre pas le dimanche », qui remporte en 1959 le prix Louis Delluc.

Il poursuit ensuite sa carrière au Gabon. En 1962, il participe au film La cage de Robert Darène, dont il a également écrit le scénario. C’est le premier long métrage tourné au Gabon voire même en Afrique noire indépendante. Puis le long-métrage est sélectionné l’année suivante au festival de Cannes, une première pour le cinéma sub-saharien.

P. Mory joue dans de nombreux films, dans Le grand Blanc de Lambaréné de Bassek Ba Kobhio, dans Les couilles de l’éléphant de H. J. Koumba Bididi, dans Go Zomb’Olowi d’Imunga Ivanga.

Il passe derrière la caméra pour réaliser Un enfant du village en 1978 et Les tam-tams se sont tus en 1971. Il est à l’origine de la création du CENACI, Centre National du Cinéma gabonais.

Par ailleurs, Philippe Mory a participe en 1964, à un coup d’Etat qui visait à renverser Léon Mba, le premier président gabonais. Il est vingt-quatre heures ministre de la Culture. Le temps pour la France de faire intervenir ses « marines », le 6ème BIMA. Ses trois années de prison n’ont nullement entamé son engagement et il n’a pas cessé d’apporter son énergie au développement du cinéma au Gabon et en Afrique.

Filmographie sélective:

2011 LE COLLIER DU MAKOKO – (Gabon) – Henri Joseph Koumba Bididi
2006 L’OMBRE DE LIBERTY – (Gabon) – Imunga Ivanga
2000 LES COUILLES DE L’ÉLÉPHANT – (Gabon) – Henri Joseph Koumba Bididi
2000 DOLÈ – (Gabon) – Imunga Ivanga
1999 ORÈGA – (France) – Marcel Sandja
1999 GO ZAMB’OLOWI (Au bout du fleuve) – (Gabon) – Imunga Ivanga
1994 LE GRAND BLANC DE LAMBARÉNÉ – (Cameroun) – Bassek Ba Kobhio
1978 UN ENFANT DU VILLAGE – (Gabon) – Philippe Mory
1973 OBALI (1ère version) – (Gabon) – Philippe Mory
1971 LES TAM-TAMS SE SONT TUS – (Gabon) – Philippe Mory
1961 LA CAGE – (France) – Robert Darenne
1960 LES FILLES SÈMENT LE VENT – (France) – Louis Soulannes
1959 ON N’ENTERRE PAS LE DIMANCHE – (France) – Michel Drach
1958 L’ENFANT AU FENNEC – (France) – Jacques Dupont
1954 AFRIQUE SUR SEINE – (Sénégal) – Paulin Vieyra

SKB

Laisser un commentaire