
Dans un environnement où le goût du sensationnalisme a fini par obnubiler certains acteurs politiques, d’aucuns ont accueilli la démission de Zibi Abeghe comme un acte salvateur. D’aucuns ont profité du départ de ce député pour évacuer les restes de vacheries qui somnolaient encore en eux. Mieux, le nouveau démissionnaire est devenu le nouveau chevalier blanc de la politique gabonaise.
Dans cette ferveur inspirée par cette démission, le candidat Raymond Ndong Sima est sorti de son terrier pour s’afficher avec le démissionnaire. Il affirme crânement qu’il a échangé avec Zibi Abeghe « sur la situation du moment. Il a mis à profit cette occasion pour s’enquérir de mon point de vue sur les contentieux ouverts devant la Cour Constitutionnelle. » Les deux indépendants ont profité de cet entretien pour fixer une conduite à tenir.
Zibi Abeghe, a, par la suite, fait un plaidoyer pour un regroupement des candidats en vue de donner une chance à l’alternance.
Meme que, Jean Ping s’est aussi précipité à réserver un accueil des plus cordiale au nouveau démissionnaire et s’est réjouit que Bertrand Zibi Abeghe les rejoigne dans leur lutte pour la liberté et l’alternance démocratique au Gabon. Cette démission est perçue dans le subconscient de Ping comme étant un acte héroïque qui mérite acclamation.
Bravo à Bertrand Zibi Abeghe qui a enfin ouvert les yeux et qui a pris ses responsabilités en démissionnant du PDG. Nous espérons qu’il aura pu convaincre d’autres citoyens, par son discours courageux, que le développement durable de notre pays et l’instauration de l’État de droit ne pourront être réalisés que grâce à l’alternance démocratique! La prochaine élection nous donne l’occasion de ce changement, ne la ratons pas.
Raymond Ndong Sima et les autres acteurs politiques qui accueillent la démission de Zibi Abeghe avec beaucoup de ferveur, il convient de relever que la démission n’est plus une nouveauté dans le champ social gabonais. Les transfuges du PDG sont très nombreux dans les rangs de l’opposition : Jean Ping, Guy Nzouba Ndama, Jean François Ntoutoume Emane, Raymond Ndong Sima, Jean Eyeghe Ndong, René Ndemezo’Obiang, Zacharie Myboto, Hugues Alexandre Barro Chambrier, Casimir Oyé Mba, Jacques Adiahénot… ont tous démissionné du PDG.
Dans ce monde où l’illusion est une denrée très prisée, ces démissions ont souvent été accompagnées de promesses d’expulsion du locataire du palais de bord de mer. Mais, aux urnes, la démission est loin d’être un atout majeur. Les désillusions s’enchainent. Donc, méfiance !
SKB

