
La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, a profité du traditionnel sursaut post-convention de nomination et a désormais 7 points d’avance sur son rival Donald Trump, selon un sondage CBS publié ce lundi.
À l’issue de la convention républicaine, qui s’était tenue juste avant celle des démocrates, M. Trump et Mme Clinton étaient au coude à coude dans les sondages, le milliardaire ayant lui aussi profité du coup de pouce de la couverture médiatique des conventions qui tentent de montrer les candidats sous leur meilleur jour.
Selon les chiffres publiés lundi, 46 % des personnes interrogées ont affirmé qu’elles voteraient pour la candidate démocrate contre 39 % au républicain lors de la présidentielle du 8 novembre.
Une convention parfaitement orchestrée
Mme Clinton enregistre un rebond de 4 points grâce à une convention parfaitement orchestrée qui a réussi à surmonter une polémique avec les partisans de son rival malheureux des primaires, Bernie Sanders.
M. Trump lui avait gagné seulement 2 points, la convention de nomination des républicains ayant été marquée par un mini-scandale de plagiat de l’épouse de M. Trump, mais surtout par le camouflet d’un de ses anciens rivaux qui a refusé devant des millions de téléspectateurs de le soutenir.
Mme Clinton, qui est un des candidats les plus impopulaires jamais désignés par le parti démocrate pour remporter la Maison Blanche, a réussi à séduire et 36 % des électeurs inscrits sur les listes électorales ont d’elle une opinion positive contre 31 % précédemment. Il reste que 50 % continuent de la voir de manière négative.
Une nouvelle polémique fait rage
Donald Trump est encore un peu moins populaire avec 31 % d’opinions favorables, soit le niveau d’avant convention et 52 % d’opinions défavorables.
Une nouvelle polémique fait rage depuis plusieurs jours, M. Trump étant sévèrement critiqué y compris dans son propre camp pour avoir rétorqué assez violemment à un couple musulman américain dont le fils est mort au combat en Irak en 2004.
Le père du capitaine Khan, invité à parler à la convention démocrate, avait notamment critiqué le projet de Donald Trump d’interdire à tous les musulmans l’entrée sur le territoire américain.
Le sondage CBS a été réalisé entre le 29 et le 31 juillet par téléphone (fixe et portable) auprès de 1 393 adultes dont 1 131 personnes inscrites sur les listes électorales.
A 100 jours de l’élection présidentielle américaine, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump s’écharpent de plus belle, chacun tentant de capitaliser sur l’effet médiatique des conventions de leur parti respectif.
Ces deux dernières semaines, républicains et démocrates ont formellement désigné leur champion pour conquérir la Maison Blanche le 8 novembre, chacun à peu près aussi impopulaire que l’autre dans l’ensemble de la population américaine.
Hillary Clinton, 68 ans, est entrée dans l’histoire à Philadelphie en devenant la première femme investie par un grand parti américain pour la présidentielle.
« Populisme » contre « progressisme »
Vendredi, elle a exhorté ses compatriotes à ne pas céder au message populiste de son rival, leur proposant à la place un projet progressiste centré sur l’économie.
Avec son colistier Tim Kaine, elle est partie vendredi de Philadelphie vers la « Rust Belt », ces régions désindustrialisées de l’ouest de la Pennsylvanie et de l’Ohio, afin de promouvoir le plan d’investissement qu’elle veut faire adopter si elle est élu dans les 100 premiers jours de son mandat – le plus grand depuis la Seconde guerre mondiale, selon elle.
« Je vais apporter une attention particulière aux régions du pays qui ont été oubliées », a-t-elle déclaré lors d’un court meeting à Philadelphie, en compagnie de son mari, Bill, dans un pur rôle de figuration, ainsi que de Tim Kaine et de son épouse, Anne Holton.
Une usine de jouets
Elle a accusé l’homme d’affaires new-yorkais de faire des promesses creuses et a cherché à casser son image de réussite, rappelant que ses casinos avaient déposé quatre fois le bilan.
Dans un cortège de plus d’une vingtaine de véhicules, dont deux autocars bleus sur lesquels étaient inscrits en grandes lettres le slogan de la campagne, « Plus forts ensemble », les couples Clinton et Kaine se sont d’abord arrêtés dans une usine de jouets à Hatfield, illustrant la priorité que l’éventuelle présidente Clinton accorderait à l’industrie manufacturière.
Le même autocar a ensuite servi d’arrière-plan à leur dernière étape de la journée, un meeting en plein air à Harrisburg.
« Enfermez-la ! »
« Je ne reconnais pas le pays décrit par Donald Trump », a lancé Hillary Clinton dans la nuit chaude. « Je ne reconnais pas la méchanceté, l’intolérance, les vantardises, l’intimidation. Les Américains ne sont pas comme ça ».
Donald Trump a de son côté affirmé qu’il ne ménagerait plus sa rivale et qualifié le discours prononcé par Hillary Clinton jeudi à la convention démocrate de « moyen », la traitant en outre de menteuse dans l’affaire de sa messagerie privée.
« Je commence à être d’accord avec vous », a dit l’homme d’affaires de 70 ans à Colorado Springs, alors que ses partisans scandaient : « Enfermez-la ! ».
« Trump va arrêter d’être gentil »
« J’enlève les gants », a-t-il annoncé.
« Trump va arrêter d’être gentil ».
Dénonçant la réalité imaginaire présentée selon lui par Hillary Clinton et le camp démocrate, il affirme que « les choses empirent » aux Etats-Unis.
« Nous allons arrêter d’accepter des réfugiés syriens aux Etats-Unis », a-t-il aussi lancé, en évoquant l’assassinat du prêtre Jacques Hamel en France par des jihadistes mardi.
Impopularité
L’homme d’affaires a mis le « retour à l’ordre public » au centre de sa campagne, promettant de serrer la vis de l’immigration et d’endiguer la criminalité, alors qu’une hausse des homicides est enregistrée dans certaines grandes villes américaines.
Mais Hillary Clinton et Donald Trump souffrent tous deux du même problème: une majorité d’Américains a une image négative d’eux: 55% pour la démocrate et 57% pour le républicain, selon la moyenne des récents sondages.
Les experts s’attendent à ce que le « soutien négatif », à savoir voter contre un candidat plutôt que pour un candidat, joue un rôle important dans ce scrutin.
Au coude à coude dans les sondages
De grands noms du parti républicain, comme l’ancien candidat à la Maison Blanche Mitt Romney, ont publiquement indiqué qu’ils ne voteraient pas pour M. Trump.
Les prochains jours donneront une idée de l’effet de la convention démocrate, impeccablement orchestrée malgré les protestations de délégués fidèles à Bernie Sanders, sur l’image de l’ancienne chef de la diplomatie.
Après la convention républicaine, Donald Trump avait rattrapé sa rivale dans plusieurs sondages.
Le calendrier de l’année électorale américaine
Voici le calendrier des prochains rendez-vous de l’année électorale américaine après l’investiture officielle d’Hillary Clinton par les démocrates et celle de Donald Trump chez les républicains :
Septembre
Le vote anticipé pour la présidentielle commence dans plusieurs États, par correspondance ou en personne.
26 : premier débat présidentiel à l’université Hofstra, à Hempstead dans l’État de New York.
Octobre
4 : débat des candidats à la vice-présidence à l’université Longwood, à Farmville (Virginie).
9 : deuxième débat présidentiel à l’université Washington, à Saint-Louis (Missouri).
19 : troisième débat présidentiel à l’université du Nevada, à Las Vegas (Nevada).
Novembre
8 : jour de l’élection présidentielle.
Janvier 2017
20 : Barack Obama quitte la Maison Blanche, investiture du 45e président des États-Unis.
L’agence Moody’s estime que le plan de Trump détruirait 3,5 millions d’emplois.
Avantage Clinton. Pour l’agence de notation Moody’s, qui a récemment épluché les programmes des deux candidats à la Maison-Blanche et tenté d’en évaluer les effets sur l’économie, il n’y a pas l’ombre d’un doute : les mesures proposées par Hillary Clinton donneraient un coup de pouce – modeste – à la croissance, tandis que celles de Trump auraient des conséquences dévastatrices. Les premières conduiraient à la création d’environ 3,2 millions d’emplois sur la période, tandis que les secondes en détruiraient quasiment autant.
Des idées radicalement opposées
De fait, les idées des deux candidats sont radicalement opposées dans bien des domaines. Hillary Clinton veut augmenter les impôts sur les plus riches, Donald Trump compte les réduire massivement (tout en supprimant certaines niches fiscales) ; elle veut régulariser progressivement les clandestins, il entend les déporter et fermer les frontières ; elle compte lancer un grand programme de construction d’infrastructures et rendre en partie gratuites les études supérieures, il compte réduire la dépense publique de façon « drastique ». Les deux se rejoignent néanmoins sur la dénonciation des traités commerciaux, bien que Trump aille beaucoup plus loin (il envisage d’instaurer des droits de douane allant jusqu’à 45 % avec la Chine, et 35 % avec le Mexique). Et ils s’accordent sur la nécessité d’augmenter le salaire minimum (à 12 dollars pour elle, à 10 dollars pour lui).
SKB

