Election Présidentielle de 2016/Jean Ping contre Ali Bongo: Un combat fratricide

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Non, le système PDG.BONGO (pour ceux qui restent avec Ali9 et ceux anciens hiérarques et autres caciques, apparatchiks, affidés, collabos, qui refusent ce dernier et se posent en rivaux pour l’héritage), se doit d’abord de rendre compte, et présenter un bilan complet Du demi siècle de gestion du régime auquel ils ont appartenu. Tous se disent héritiers et se réclament de l’expérience acquise aux cotés d’Omar Bongo Ondimba.

Ainsi, Jean Ping, qui se dit héritier spirituel du démurge Omar Bongo Ondimba, après vingt-six années derrière les portes capitonnées des ministères, parle de lui avec un immense orgueil et une touchante innocence. « Au fond, j’aurais pu rester dans un exil parisien à gérer les affaires de mon cabinet de consulting. » Et quand il évoque Omar Bongo, il convoque Machiavel et Talleyrand : « Un homme extrêmement rusé, intelligent. Une intelligence instinctive, celle du fauve. Et patient, en toutes choses. Il n’avait pas fait d’études mais savait remarquablement manœuvrer les hommes. » La différence majeure entre le père et le fils, selon lui ? « Omar absorbait l’adversaire politique. Ali, lui, le rejette, l’expulse comme un corps étranger. »

Jean PING est incontestablement l’un des plus grands personnages imminents du système d’Omar Bongo Ondimba, système noyau centrale de la Françafrique. C’est sans doute l’un des plus grands « généraux » du Bongoland. Jean PING incarne à mon avis le prototype de l’élite compradore embarqué. Qui plus est, lié étroitement à la famille du potentat. Tenu par des liens évidents plus ou moins secrets, plus ou moins occultes, en plus de ceux de son appartenance à la famille régnante, il n’a aucun ressort, aucune capacité de gérer le tournant actuel de l’évolution du pays. Quel changement peut-on réellement attendre de cet apparatchik pur et dur du système PDG ? Le peuple a le droit de savoir entre autres choses déterminantes pour son devenir après Bongo.

1 . Pourquoi : Comme tous les observateurs avertis ont pu constater avec le Juge Eva JOLY, qui, a écrit : « Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est ce que je vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole par an et affiche un PIB par habitant largement au dessus de la moyenne africaine (6.397$) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? »

2. Qu’est-ce que l’exploitation du manganèse, de l’uranium, de la richesse forestière a apporté au peuple gabonais pendant ces 42 années de pouvoir d-Omar Bongo Ondimba auquel ils ont appartenu ? Un des postulants actuel à la succession d’Omar Bongo Ondimba, ex-ministre des Mines et de du Pétrole aurait des atouts en ses mains, dont l’un d’eux serait une arme avec laquelle il menacerait de « balancer » sur le dossier pétrolier. Au lieu de jouer aux chantages réciproques : « tu me tiens, je te tiens, sur les faits et méfaits de la gestion prédatrice du système, ces hiérarques qui sollicitent le peuple ont l’obligation morale de dire la vérité au peuple, s’ils veulent avoir quelque crédibilité quant à leurs promesses de répondre à la demande de changement et aux attentes des populations.

3. Pourquoi, on parle aujourd’hui de replanter le cacao et le café dans la province de l’Ogooué-Lolo ? Alors que les plantations des provinces du Woleu-Ntem et de l’Ogooué Ivindo ont été détruit en par le régime ?

4. Pourquoi, après 42 ans de ce régime, le Gabon est devenu incapable de nourrir son petit million d’habitants, alors que, avant son règne, la terre de la Nyanga, du Woleu-Ntem entre autres produisait suffisamment pour que le pays soit auto suffisant en produits vivriers ?

5. Comment le nom Makaya« feuilles mortes, il traduit l’idée d’une chose qui n’a plus de valeur, un « sans importance. » a fini par désigner sous le régime de Bongo, la très grande majorité des indigènes, dominés par un régime prédateur et tyrannique qui s’est allié à toutes les catégories d’allogènes « les Mamadou », qui ont le monopole de l’économie.

Le Makaya c’est l’indigène gabonais, qui s’est vu progressivement marginalisé dans la maîtrise de son pays. Celui qui, se retrouve vivant en marge de la sphère économique dans son pays, le Gabon au profit des « Mamadou », les allogènes de tout acabit : expatriés, occidentaux, syro-libanais, etc. La pauvreté ainsi vécue renvoie à l’insignifiance, elle est certes économique, mais aussi culturelle, morale et relationnelle. Le Gabonais Makaya, est aujourd’hui le plus pauvre parmi les pauvres. Car, comme disait Mère Teresa : « La plus grande pauvreté, c’est de ne compter pour personne » ; autrement dit, être considéré de Makaya : les feuilles mortes. Pire, le Gabonais « Makaya » connaît la misère. Il est miséreux. Selon la distinction féconde de Thomas d’Aquin, le pauvre est celui qui manque du surplus. Le miséreux, lui, manque même du nécessaire. La pauvreté se qualifie par les principes de simplicité et de frugalité. Ainsi, les peuples habitants les terres ingrates du Sahel sont pauvres. Alors que la misère désigne la chute dans un monde sans repère où toutes les forces du sujet sont orientées vers la survie, quel que soit le prix.

Voilà ce à quoi a été réduit l’indigène gabonais par le régime prédateur qui sévit au Gabon depuis bientôt un demi siècle. Pourtant, le Gabon est riche, scandaleusement riche en ressources économiques. Le Gabon comme disent les observateurs perspicaces c’est un pays bénit des « Dieux », mais qui est tombé dans les mains du « Diable » ! Dans le domaine économique, nous constatons que les structures et les règles d’exploitation coloniales prédominent toujours dans notre pays. Elles font obstacle à la constitution d’une économie nationale et a fortiori à la mobilité des nationaux dans ce domaine. « Tout comme les débouchés, le capital et le savoir-faire de l’économie gabonaise sont en majorité étrangers. La sphère économique a été « confiée » aux étrangers, occidentaux mais également africains.

6. Quid : du nombre actuel de la population gabonaise (résidents : c’est-à-dire au total autochtones et immigrants) ? Quatre (o4) millions ? Cinq (05) millions ? Donc avec à peine un million trois cents mille (1.300.000) d’autochtones envahis et dominés par des hordes d’immigrants qui contrôlent la totalité de l’activité économique gabonaise. Ces « Mamadou » de tous acabits qui ont squatté par l’informel généralisé, l’économie du pays.

7. Pourquoi aucun crime rituel n’a jamais été élucidé, alors que les responsables, de ces crimes, commanditaires et exécuteurs ont été parfois identifiés ?

8. Comment se fait-il que 2% seulement de citoyens se soient emparé de tous les revenus de l’Etat et sont aujourd’hui multimilliardaires, (« Au Gabon, toutes les fortunes viennent de l’Etat. Elles sont nées de la corruption »), alors que les 80% de la population indigène vivent en dessous du seuil de la pauvreté ? Cette liste n’est pas exhaustive des problèmes que ceux qui s’agitent aujourd’hui pour se disputer l’héritage doivent répondre face au peuple, afin de réconcilier des âmes meurtries de notre peuple durant le demi siècle de règne calamiteux et diabolique de El Hadj ’Omar Bongo Ondimba, auquel ils ont étroitement collaboré, en s’en servant pour s’enrichir sur le dos du peuple.

Ils ne peuvent pas être quitte de cette gestion du pays à laquelle ils ont participé, et durant laquelle ils se sont pour la plupart insolemment enrichis en se servant de l’Etat au lieu de servir le peuple à qui ils osent s’adresser aujourd’hui pour lui demander de les placer comme successeur d’Omar Bongo Ondimba ! En réalité, « Les privilégiés du régime en ordre de bataille pour défendre leurs intérêts. Les querelles et autres chamailleries auxquelles le pays assiste, sont tout simplement le fait que, « l’idée d’un changement à la tête de l’Etat donne des frissons à ceux qui ont largement profité du pouvoir en place et qui ne savent pas quelles seront les intentions d’un futur locataire du bord de mer, qui ne serait pas issu du système !

Du coup, on tombe dans la politique gabonaise où tout le monde se plaint de ce que le pays est mal géré (par qui ? devrait-on demander), qu’il y a trop de pauvres et que le chômage fait des ravages parmi les jeunes. Mais dès qu’on esquisse des réponses à ces maux, les 2% de la population (ces compradores) qui se partagent le gâteau du pays se braquent et crient au loup. Et tout cela, à cause de ceux là qui ont mis le pays en coupe réglée. Voilà pourquoi ils tueront père et mère pour que soit élu celui qui leur garantirait leurs privilèges et l’impunité en sus. En clair, la concussion aggravée par un clientélisme exacerbé. Le changement serait, pour ces tenants de l’ordre ancien, synonyme de leur arrêt de mort. Car si ces hiérarques du système se montrent à ce point réfractaire au changement, c’est qu’il y a intérêt. Un intérêt qui n’est pas forcément celui du peuple qui voit ses conditions de vie se dégrader jour après jour.

C’est donc ce Gabon (là) qu’on voudrait perpétrer après la disparition d’Omar Bongo : le système qui régente le territoire gabonais depuis bientôt un demi-siècle, et qui a conduit le pays dans une faillite: Faillite morale, Culturelle, Politique et économique.

La manipulation du peuple par la corruption. Les deux factions du système qui s’affrontent en ce moment, appliquent les mêmes techniques. La vérité se cache derrière les mensonges proclamés au peuple crétinisé par le système qu’ils ont maintenu pendant presque un demi-siècle, sous l’égide du grand démurge Omar Bongo. Alors que le pays a besoin d’un CHANGEMENT du système politique en place depuis 1967, ils se battent pour l’alternance à Ali dont la gestion mettrait en danger le système. Ils manquent de courage, tous ces hiérarques du système. Il faut encore distinguer le courage en politique, dans la parole et dans l’action. Dans une démocratie, la parole d’une personne dépositaire du pouvoir politique ne se concrétise que de façon progressive, par le truchement des corps intermédiaires. Prendre la parole en public entraîne en principe une prise de risque, pour un responsable honnête, non seulement parce que l’orateur qu’il est peut formuler des contrevérités, mais parce qu’il peut manipuler une foule, orienter ses pulsions. C’est ce que nous vivons en ce moment, avec le spectacle d’imposture qui est présenté par nos politiciens au peuple qu’ils ont crétinisé et réduit à l’aliénation pendant un demi-siècle.

En cela, ils sont tout sauf courageux ! Une infâme imposture dont nous avons une fois de plus la preuve par la démonstration faite en Réponse à la
”Lettre à tous les Gabonais» de Mr Ping et ses amis”.

«Avec l’aide d’autres compatriotes, nous avons pris la décision historique de désigner Jean Ping comme candidat unique de l’opposition».

C’est en effet une décision historique, et on serait tenté d’ajouter: hystérique! Nommer un des plus anciens dignitaires du pouvoir, qui est aussi l’un des plus incompétents, à la tête de l’opposition gabonaise qu’il a toujours méprisée et haïe, il fallait oser le faire!
«Vous connaissez chacun d’entre nous. Vous savez que nous avons servi notre pays à des niveaux élevés».

Oui, nous connaissons chacun d’entre vous et c’est bien pour cela qu’il est inconcevable de vous faire confiance. Et contrairement à ce que vous prétendez, vous n’avez pas servi notre pays, mais vous vous êtes servi de notre pays.

«Dans nos fonctions antérieures, nous avons été témoins et souvent partenaires de toutes vos luttes».

En quoi, et de quelle manière avez-vous été partenaire de nos luttes? La réalité est que vous avez lutté de toutes vos forces pour étouffer l’opposition gabonaise pendant toutes les années où vous avez été au pouvoir. Et aujourd’hui, vous revendiquez le leadership de cette opposition que vous avez spoliée aux vrais opposants. C’est honteux et immoral!
«Les repères moraux et culturels ont été brouillés».

De quels “repères moraux” parlez-vous? Vous, Monsieur Ping, qui avec la complicité de vos propres enfants avez détourné des milliards à votre profit (l’affaire Sinohydro). Vous, qui tout en étant marié, avez eu deux enfants avec l’une des filles du Président. Vous, qui vous êtes accaparé de l’opposition gabonaise après l’avoir combattu et méprisée pendant toute votre carrière. C’est vous qui avez le culot de parler de “repères moraux et culturels”!

«Les Gabonais, c’est-à-dire vous et nous, vivons plus mal aujourd’hui qu’en 2009».

Vous et nous les Gabonais lambda, nous ne vivons pas de la même façon. Et contrairement à ce que vous prétendez, vous ne vivez pas plus mal qu’avant. Vous continuez à voyager en première classe, à vous loger dans les hôtels luxueux, et à boire du champagne à volonté! Non, pour vous rien n’a changé. Quant à vos comparses, dont Monsieur Guy Nzouba Ndama, qui à lui seul a perçu pendant presque deux décennies, 160 millions mensuel, en plus des 300 millions trimestriels reçus à titre de fonds de souveraineté, vous voulez nous expliquer qu’il a du souci à se faire pour sa retraite? Et c’est maintenant que vous êtes dans l’opposition que vous voulez dénoncer la gabegie de l’État dont vous avez été les principaux bénéficiaires?
«Nous ne le disons pas par démagogie ou mauvaise foi». Difficile d’être plus démagogique et de mauvaise foi.

«Nous avons conscience de vos peines, souffrances et inquiétudes de tous les jours». Pendant les décennies où vous étiez au pouvoir et que vous pouviez changer les choses, ça ne semblait pas être votre préoccupation, et ça le serait désormais?

«C’est au Gabon, entre 2009 et aujourd’hui, que tout cela s’est passé».
Bien sûr, vous voulez nous faire croire que tous les problèmes du Gabon sont apparus entre 2009 et maintenant. Avant, il n’y avait pas de crimes rituels, et aussi quand vous étiez au pouvoir nous avions des routes magnifiques à perte de vue, des logements sociaux à ne plus compter, etc, etc… Mais la vérité c’est que vous n’avez rien fait d’autre que de vous enrichir et que vous voulez aujourd’hui rendre responsable Ali Bongo de toutes vos défaillances, vos incompétences, et corruption de toutes sortes.

«En 50 ans de présence à la tête de notre pays, le régime Bongo-PDG a eu le temps de vous montrer de quoi il est capable». Le régime “Bongo-PDG” c’est vous qui l’incarnez. C’est vous qui l’avez mis en place. C’est vous qui en êtes comptables. Vous en avez été les principales chevilles ouvrières, et aujourd’hui vous le dénoncez? Alors dans ce cas, ayez le courage de plaider coupable devant la Justice du peuple.

En effet, le régime Bongo est incarné par les deux factions Ali et Ping qui s’affrontent en ce moment. Même mépris envers les citoyens crétinisés qui se font corrompre par les deux bords t pour quelques francs CFA : – Ancien étudiant de l’Université Omar-Bongo, actuellement enseignant à Lastourville, M. Nkoghé, a relevé qu’ «en Afrique et chez nous au Gabon particulièrement, le projet de société ne dit rien à personne». Il estime que les gens ne cherchent pas à comprendre ce que les candidats leur proposent. «Ils veulent le présent et ce présent se résume à ces miettes, ces cuisses de poulets, ces boîtes de sardines, ces bouteilles de vin, ces tee-shirts et ces argents avec lesquels on les flatte avec». Cependant, les tenants de ce système pouvoir ne parviendront pas à étouffer indéfiniment les cris de révolte des laissés pour compte. Si le changement ne s’effectue pas, le peuple se rebellera tôt ou tard, contre l’état d’encanaillement actuel. Ce peuple est aujourd’hui à la recherche de personnes capables d’assumer la fonction de commander aux tâches publiques, pour l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre de citoyens. Ping comme Ali est une marque d’Omar Bongo Ondimba. Si du vivant de leur fabricateur ils ne se sont pas distingué en créant autour d’eux le bien être et vivre des compatriotes, ce n’est pas en devenant président qu’ils vont mieux faire. La preuve, ce que, Ali disait en 2009 qu’il était l’homme de la situation est ce qu’il a fait ?

De l’’Imposture : Selon Le Petit Larousse, l’imposture est l’« Action, procédé de quelqu’un qui cherche à tromper par de fausses apparences ou des affirmations mensongères, notamment en usurpant une qualité, un titre, une identité, ou en présentant une œuvre pour ce qu’elle n’est pas. » – «L’essentiel : se débarrasser du régime en place», pour sauvegarder les acquis. D’où l’on évoque l’alternance à Ali Bongo et non le changement du régime.

Et de la « RÉVOLUTION » en cours dans notre pays. Les révolutions sont des changements conscients au sein, des sociétés humaines. Elles deviennent telles qu’elles de plus en plus, au fur et à mesure que s’accroît le degré de conscience de la majorité des peuples du monde. L’acte de volonté de personnes, qui veulent la révolution, s’accompagne d’un acte de volonté dirigé sur elles-mêmes, car elles doivent également changer. Ainsi, l’avenir de l’homme est-il cette transformation de lui-même, réprimant consciemment ce qu’on appelle les « instincts » : l’avidité, l’égoïsme, l’inhumanité envers autrui. Cette dimension morale, saisie et réalisée consciemment, accélère le processus révolutionnaire et est clé de l’avenir. Aussi toutes les révolutions dignes de ce nom, ne sont-elles pas seulement un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre, mais une suite d’immenses exercices en vue de se changer d’abord soi-même. Cette révolution intérieure doit accompagner alors la révolution sociale, et l’élimination des habitudes, attitudes, idées et préjugés anciens négatifs est aussi essentielle que l’écroulement recherché des vieilles structures sociales. En fait, on ne peut réaliser l’un sans réaliser l’autre.

« Dans notre pays, la révolution est devenue inéluctable. Elle est la seule voie qui nous reste pour sortir de l’impasse actuelle qui menace notre destin ».

MEE

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