POLITIQUE: Le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga, annonce sa démission et se met du coté du peuple gabonais

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Le ministre de la Justice Séraphin Moudounga a annoncé ce lundi sa décision de démissionner. Il a dit vouloir « bénéficier de sa totale liberté ».

Le deuxième vice-Premier ministre gabonais, Séraphin Moundounga, a annoncé ce lundi qu’il démissionnait. Il s’agit de la première défection de haut niveau depuis le début des troubles mercredi dernier.

« J’ai redouté que le Gabon puisse basculer dans la violence si les résultats étaient rendus publics sans qu’il ne soit procédé au recomptage des résultats, procès-verbal par procès-verbal de chaque bureau de vote. Ceci n’ayant pas pas eu lieu, le pays a basculé dans la violence et cette violence se poursuit de façon latente jusqu’à ce jour. Donc la paix est gravement menacée dans notre pays, la sécurité est gravement menacée. Il a été répondu que le recomptage n’était pas prévu par la loi électorale gabonaise », a indiqué M. Moudounga.

Ayant constaté que, du côté du pouvoir, on n’apportait pas de réponse à la préoccupation de la nécessaire garantie de la paix et du nécessaire affermissement de la démocratie, j’ai pris la décision de prendre congé, d’une part, du Parti démocratique gabonais, et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que, grâce à ces deux actes majeurs que je pose, je puisse bénéficier de ma totale liberté.

Il dit vouloir « œuvrer au côté du peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays ».

C’est un véritable coup de poignard dans le dos pour Ali Bongo car Séraphin Moundounga était un homme clé de son dispositif. L’un des rares à l’avoir accompagné depuis 2009 et durant tout son septennat. Un homme considéré comme l’un des plus durs du régime et volontiers perçu comme orgueilleux du fait de sa proximité avec le chef de l’Etat. Au point d’être élevé au rang de second vice-Premier ministre lors du dernier remaniement en 2014.

Seraphin Moundounga était aussi un vétéran du parti au pouvoir dont il prend également congé. Membre du PDG depuis les années 70, élu député du parti en 1990, il était au bureau politique.

« Je prends personnellement acte de la décision du camarade Séraphin Moundounga. C’est une décision tout à fait souveraine » a dit Faustin Boukoubi, Secrétaire Général du PDG

Séraphin Moundounga était aussi un proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama dont il était considéré comme l’un des filleuls politiques. Ses ennuis au gouvernement ont d’ailleurs commencé lorsque ce dernier a démissionné du perchoir en avril dernier pour briguer le fauteuil présidentiel contre Ali Bongo. Au sein du régime, certains s’attendaient à son départ, qui fait les affaires de l’opposition.

RFI

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