
La démocratie est un processus exigeant et difficile. C’est un grand acte de confiance. La démocratie, c’est décider qu’un million huit-cent mille
personnes sauront écrire ensemble leur histoire, qu’ils sauront se
parler sans se battre et que leurs différents ne seront jamais plus
forts que leur passion pour leur pays et leur unité. Ces valeurs font désormais partie de notre vivre-ensemble.
Aussi, est-il du devoir du Président de la République élu, de veiller à l’ancrage et à la sauvegarde de ces valeurs que nous avons choisies et qui fondent la société tout en marquant notre ouverture au monde et au progrès.
Le progrès c’est l’affaire de tous. Et pour qu’il soit ainsi, il faut
le consensus et le respect des Institutions et du rythme démocratique.
Le 27 août dernier, notre pays a organisé l’élection présidentielle, à travers un processus démocratique reconnu par tous, y compris par les observateurs étrangers. C’est le lieu ici de féliciter tous les acteurs qui ont pris part, chacun à leur niveau, et tout particulièrement les électeurs
qui ont fait montre de responsabilité et de patriotisme.
Après l’examen des recours déposés par certains candidats auprès de la Cour constitutionnelle comme les y autorisent nos lois, il en est ressorti qu’Ali Bongo Ondimba a été choisi pour présider aux destinées du Gabon pour les 7 prochaines années. C’est à ce titre qu’il a prêté serment devant la Nation
et le Monde. Cette victoire contestée l’oblige et le lie à œuvrer avec détermination pour garantir la cohésion sociale et assurer le développement harmonieux et durable de notre pays.
Si on peut se réjouir du bon déroulement du processus électoral et apprécier la maturité politique du peuple gabonais, cependant on peut déplorer tous les événements malheureux qui ont suivi l’annonce des résultats du 31 août dernier. Joignons nous à cet instant à la douleur des familles qui ont perdu, qui un proche, qui un investissement. Le décès d’un de nos compatriotes est un drame. Celui de plusieurs personnes une catastrophe.
Les élections sont terminées. Il nous faut maintenant passer à autre chose. Nous devons nous remettre au travail. Car c’est par le travail que nous allons développer notre pays et assurer l’épanouissement de tous. Tenons-nous la main, pour qu’ensemble nous tirions les leçons du
passé afin d’envisager un meilleur avenir à notre beau pays, qui a
besoin de tous ses enfants et de toutes les compétences.
Notre pays traverse une période préoccupante de son histoire.
Chacun de nous doit pouvoir prendre conscience des difficultés économiques et sociales que nous traversons et des défis politiques que nous avons à relever tous ensemble. C’est pourquoi, conformément à la tradition africaine en général, et bantoue en particulier, que toutes les forces vives de la Nation à s’assoient ensemble afin de trouver les solutions qui satisfassent nos compatriotes. Chez nous, la palabre se règle en famille, dans le corps de garde.
Nous avons tous le devoir de ne point ériger un mur entre nous. Car, la tolérance est mère de la Paix. Que toutes les filles et tous les fils du Gabon participent à sa construction sur des bases plus saines. Il est vrai que les Gabonais sont loin d’être naïfs pour comprendre que des comportements blâmables ont gangrené notre société. Nous devons nous ressaisir et nous garder d’entretenir ces maux qui malmènent notre vivre-ensemble.
Faisons disparaître toutes ces attitudes négatives pour laisser place au respect de l’autre, à l’entente, à la fraternité et au dialogue. Nous n’avons pas d’autres choix. Que ce dialogue ait lieu, et, qu’il soit serein pour mieux éclairer nos intentions. Que ce dialogue n’ait qu’un seul objectif, le bien de tous, le bien de chacun. Que ce dialogue nous sorte définitivement de la logique du conflit permanent qui dénature fortement nos valeurs, nos relations et notre vivre-ensemble.
Nous devons entrer dans une dynamique nouvelle empreinte de concorde et d’apaisement. Nous devons régler nos problèmes entre Gabonais au Gabon,
et au besoin avec l’aide de nos frères africains. Rien sur notre Continent ne se fera sans les Africains, comme l’ont déjà dit avant nous les Pères des Indépendances africaines.
Notre Pays, notre Continent, ont besoin de nouvelles espérances pour lutter et contrer le désespoir chez bon nombre d’entre nous. Il n’y a pas de fatalité à la pauvreté, au chômage, à la maladie, à la souffrance et à l’ignorance. Ce sont des combats qu’il nous faut mener au quotidien. Il faut donc oeuvrer avec plus de conviction et de détermination pour rétablir l’espérance chez tous nos compatriotes, car l’espoir est un état d’esprit que nous devons reconquérir pour mieux affronter les écueils et relever les défis qui se dressent chaque jour devant nous.
Pour y parvenir, nous devons investir massivement dans l’éducation et la formation des jeunes, adaptées aux réalités économiques, sociales et environnementales pour leur assurer employabilité et épanouissement. Cette jeunesse, qui représente un peu plus de la moitié de notre population, mérite toute notre attention afin de lui redonner la confiance nécessaire pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain. Ce septennat qui s’ouvre va lui être entièrement consacré.
De même qu’il nous faut impliquer davantage la femme gabonaise dans les mécanismes de décision et de gestion de la chose publique. La décennie de la femme en cours doit nous permettre de poursuivre le processus de son autonomisation et de la garantie de tous ses droits. Il s’agit ainsi d’assurer à la famille gabonaise, noyau essentiel de notre société, un avenir confiant, un avenir prometteur qui ne peut être assuré que dans un pays où règne la paix, la stabilité et la concorde.
Il faut construire durablement un Gabon nouveau, reposant sur les piliers que sont la diversification de l’économie, la bonne gouvernance, la promotion du capital humain. Ainsi, le développement de notre pays s’accélérera en mettant toutes les mesures correctives nécessaires à l’ajustement conjoncturel de ce vaste programme.
C’est dans ce sens que le nouveau Gouvernement doit proposé aux
Gabonaises et aux Gabonais, qui ont manifesté leur impatience, les
mesures concrètes pour améliorer leur bien-être et vivre dans un
environnement sain et propice à leur épanouissement. Il en va de même pour les différents partenaires économiques nationaux avec qui nous devons bâtir les nouveaux mécanismes à même de favoriser la création de plus de richesses et partant celle de plus d’emplois.
Nous devons inévitablement refonder la confiance et offrir de nouvelles opportunités d’investissement. Pour cela, le Gouvernement devra désormais tenir ses engagements. Ces mêmes engagements doivent être tenus à l’égard de tous nos partenaires internationaux qui ont choisi de faire confiance à notre pays. L’amélioration du climat des affaires doit demeurer une
préoccupation de tous les instants.
Dans le cadre de la consolidation de notre démocratie et de l’État de droit, il est plus que jamais devenu nécessaire, et vous en conviendrez avec moi, de mener une véritable réflexion devant aboutir à des réformes constitutionnelles ambitieuses et courageuses. Qu’il s’agisse des élections à deux tours, de la limitation et de la durée des mandats électifs. Comme je l’ai déjà dit, tout devra être mis sur la table, sans tabou, ni soupçon. Toutes les forces vives de la Nation doivent participer à ce travail de modernisation et de refondation de notre constitution afin de construire des Institutions encore plus fortes plus ancrées dans nos valeurs, et davantage au service du développement. Il en va de l’avenir de notre pays. Le fond et le format de ces discussions devront être préalablement définis.
Notre pays devra rentrer dans une nouvelle ère : celle d’un Gabon protecteur, plus juste et plus prospère. C’est dans ce cheminement collectif vers un destin partagé et dans la paix qu’il faudra s’investir.
SKB

