
A l’exception de quelques-unes, les entreprises et les organisations patronales africaines accordent très peu d’intérêt aux questions environnementales pourtant fondamentales au 21ème siècle.
Cependant, malgré une contribution d’à peine 4 % au changement climatique, les Etats africains signent tous les accords contraignants sur le climat sans concertation préalable avec le secteur privé.
Face à la pression internationale sur la question climatique, l’intégration de l’indicateur carbone dans le business model devient la nouvelle donne, il est donc urgent de réaliser le bilan carbone.
Les entreprises africaines doivent aussi anticiper une pression nationale.
Face aux multiples initiatives environnementales des autorités marocaines, les entreprises ont saisi l’opportunité de l’organisation de la COP 22 (Conférence des Parties), le mois prochain à Marrakech, pour la réalisation de leur bilan carbone.
De la COP 21 à la COP 22, il faut suivre le mouvement pour rester au top d’autant qu’il n’y a pas eu de stop de la pression climatique.
En effet, la COP 28 relative au Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d’Ozone s’est tenue à Kigali au Rwanda du 10 au 14 Octobre 2016.
L’adoption par 197 pays d’un calendrier sur l’élimination progressive des Hydrofluorocarbures (HFC) est une action importante dans la réduction des Gaz à Effet de Serre.
Présents dans les climatiseurs, réfrigérateurs et dans certains aérosols, l’utilisation des HFC dans la fabrication des mousses isolantes est une question sensible pour l’Afrique et les pays en développement.
L’amélioration du niveau de vie et l’augmentation des températures, à cause notamment du changement climatique, ont pour conséquence l’explosion de l’utilisation des climatiseurs et réfrigérateurs en Afrique.
Pourtant les pays africains se sont engagés à Kigali, vers la réduction de 10 % des HFC, par rapport aux niveaux de 2020 – 2022. Elle devrait être atteinte en 2029 avec un objectif de réduction de 80 % en 2045.
Pour le Gouvernement Indien, pas question de respecter ce plan d’actions à cause de la protection de son industrialisation.
L’obtention d’un délai supplémentaire permet d’amorcer la transition en 2028 et une réduction de 10 % en 2032 puis de 85 % en 2047.
Dans le cadre des négociations climatiques, les organisations patronales et les Etats doivent suivre la même direction.
Une collaboration étroite entre ces parties prenantes est donc indispensable pour une réduction des émissions de GES en fonction des recommandations des plans d’industrialisation.
Ce qui nécessite une grande ambition et une implication plus marquée des patronats avec des schémas climatiques clairs.
D’après les contributions des Etats africains pour la COP 21, ils envisagent une réduction de 3 661,4 MTeqCO2 à 2204,5 MTeqCO2 dans les prochaines années.
Ce qui nécessite un investissement de 724,6 milliards de dollars US. Or les Nations Unies peinent à mobiliser les 100 milliards de dollars pour les pays en développement prévus dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat.
Il est évident que ce sont les plus réactifs qui vont profiter des quelques milliards de dollars d’aides mobilisables dans le cadre des accords sur le climat.
L’Afrique doit tirer les leçons du très peu de ressources financières obtenues du Mécanisme du Développement Propre (MDP).
Le retard dans la mise en œuvre des Autorités Nationales Désignées (AND), la faible implication du secteur privé et l’absence de structuration des portefeuilles de projets carbone bancables ont laissé le champ libre au Brésil, à la Chine et à l’Inde de rafler le magot du business du MDP avant l’effondrement du marché du CO2 à cause de la chute de la demande dans les pays développés.
D’après la Banque Africaine de Développement (BAD), le coût économique du changement climatique en Afrique sera compris entre 45 et 50 milliards de dollars par an d’ici 2040 et jusqu’à 7 % de Produit Intérieur Brut (PIB) annuel en moyenne d’ici 2100.
Afin d’anticiper les risques et saisir les opportunités, l’Institut Afrique RSE peut réaliser le bilan carbone des entreprises qui souhaitent adopter une stratégie climat.
Au-delà de la simple réduction des émissions de GES, les entreprises visionnaires peuvent viser la neutralité carbone.
C’est le cas pour Impahla Clothing, cette entreprise sud-africaine de textile qui est la première industrie neutre en carbone.
TT

