
Ce n’est pas faire injure au Burkina Faso et à la Tunisie de dire que le match entre Lions de la Teranga et Lions Indomptables constitue la grosse affiche de la première des deux journées de quarts de finale. Ces derniers mois, le Sénégal s’est hissé au sommet du football africain, et le Cameroun demeure depuis longtemps un des repères du continent même si son quatrième et dernier titre a déjà quinze ans d’âge.
Les Nkono, Milla et Eto’o pour n’en citer que quelques-uns ont laissé une trace indélébile dans l’histoire de la CAN. Ce sera la lutte entre une équipe, souvent encensée ces derniers mois, dont l’ambition n’a cessé de grandir et un monument historique en période de ravalement.
Le Sénégal, tout le monde en parle. Il y a d’abord eu le sans-faute des éliminatoires, six matches, six victoires, puis son parcours du premier tour, victoires contre la Tunisie et le Zimbabwe, puis nul avec l’Algérie mais le sélectionneur Aliou Cissé avait aligné une équipe de remplaçants, qualification pour les quarts déjà en poche.
C’est au moins la preuve que les non-titulaires ne sont pas des seconds couteaux. Il y a quelque chose de changé dans l’équipe du Sénégal, un état d’esprit fait d’humilité. « Nous avons toujours eu du talent avec brio, mais il nous manque encore des résultats. Il faut donc rester humble », rappelle justement Augustin Senghor, patron de la fédération. Et du talent aujourd’hui, les Lions n’en manquent pas à l’image d’un Sadio Mané, loin d’être le seul, qui est devenu une des icônes du football africain depuis son passage à Liverpool.
Un esprit nouveau souffle sur l’équipe du Sénégal. « Nous sommes confiants, affirme avec sérénité le capitaine Cheikhou Kouyaté. Le moment est venu pour nous d’écrire notre propre histoire. On a une carte à jouer. Nous sommes parvenus à sortir premier de notre poule considérée comme celle de la mort. Il n’y a pas plus de calculs à faire. Il faut se donner à 200% pour gagner ».
Entre les deux adversaires, on a assisté ces derniers jours à une petite gué-guerre, chacun affirmant que l’autre est le favori légitime de cette rencontre, le Cameroun pour son passé, le Sénégal pour son présent. Au fond cela n’a pas grande importance.
Les Lions Indomptables sont contents d’être là où ils sont. L’objectif au départ était de franchir le cap du premier tour. Mission accomplie. Mais le groupe A n’était pas le plus difficile.
Deux nuls avec le Burkina Faso et le Gabon, une courte victoire devant la Guinée Bissau, il faudra élever le niveau de jeu et le secteur offensif si les coéquipiers de Benjamin Moukandjo veulent entrer dans le carré d’as. La défense a probablement été le point fort de l’équipe avec un Fabrice Ondoa qui semble s’inscrire dans la grande lignée des gardiens camerounais. L’équipe a été largement recomposée avec le désistement de plusieurs internationaux qui ont décidé, pour raisons personnelles, de refuser la sélection.
Cela a permis à de nouveaux joueurs de devenir des titulaires et à certains de se révéler à l’image de Christian Bassogog. Sera-ce suffisant pour faire barrage à un adversaire qui ne s’est jamais si bien senti dans sa peau, grâce, en grande partie, à l’ancien capitaine de la génération 2002, quart de finaliste de la Coupe du monde en Asie, Aliou Cissé ?
N’en déplaise au sélectionneur du Sénégal, sur les impressions du premier tour, la qualité du jeu et celle de l’effectif font de son équipe la favorite de ce duel de Lions. Qui sortira la crinière au vent de ce repas aux effluves alléchantes ? Nul ne saurait le dire avec certitude. Léger avantage quand même aux Lions de la Teranga.
CAF

