Musique: Le Chant sur la Lowe dans un autre exercice de style avec la comédie musicale « S’Oma »: Examen réussit!

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L’Institut Français du Gabon, a été le théâtre le 2 juin dernier de la comédie musicale « S’Oma: Rencontre avec soi » de Sophie et Yveline Damas.

En effet, après le succès d’Azeva et Mughele, « contes-chants » dans le sens traditionnel du terme, Le chant sur la Lowé a aborde ici une histoire urbaine avec une vision très actuelle. La scène se déroule dans un pays, une ville, et un village imaginaire, quelque part en Afrique. De ce fait, l’histoire ne se rattache à aucune culture spécifique de notre continent. L’approche musicale se veut multiformes et de tous horizons.

S’oma, un jeune africain, adolescent, vit avec sa mère dans la banlieue populaire d’une grande ville. Fils rebelle, il manque de repères et est en perte d’identité. En désespoir de cause, sa mère décide de l’envoyer dans son village, espérant qu’il se réconcilie avec lui-même.

Cette comédie musicale met en lumière le choc des cultures, à travers des scènes ou des comportements vécus directement ou indirectement par chacun d’entre nous. Loin de s’ériger en leçon de morale, elle propose de lever le voile sur un vécu qui désempare et inquiète, mais qui n’est pas une fatalité. La sensibilisation, la quete de repères et d’identité, les émotions diverses et l’espoir sont l’énergie vitale de cette pièce mise en espace par Michel Ndaot.

Les acteurs ont fait preuve de justesse, les décors très minimalistes ont permis de mettre en lumière les costumes excellent au passage. « S’Oma » scénarisé par Astrid Verlaine Tchami a aussi permis de mettre en exergue deux acteurs en devenir, autrement dit l’acteur principal Orphée Assoumou Mezui qui interprète S’Oma et la même Vestrid Tchami qui interprète Kenya la petite amie de S’Oma.

Par ailleurs, toutes les musiques de la comédie musicale sont des interprétations de morceaux traditionnels ou de variété, d’auteurs noirs de tous les pays. On y retrouve des chants traditionnels du Gabon (Mbimbi, Mavaza, Ngouba, Lendoye, Mandolo, Inongo Ayile) ou d’Afrique du Sud (Sambonani), des musiques célèbres de grands chanteurs comme Manu Dibango ou Angelique Kidjo, mais aussi du rap, du R&B, du slam d’artistes de France (Sexion d’Assaut, Singuila, Stromae, Kerry James) ou du Gabon (Latchow).

Dans tous les cas, le chant sur la Lowé a voulu rendre hommage aux artistes noirs, aux artistes gabonais et supprimer les frontières entre les générations. D’ailleurs, la présence d’Aziz’Inanga (dont le morceau « Africa » a été repris) durant le spectacle prouve de la pertinence de cette énorme projet qui mérite plusieurs représentations et une tournée nationale et pourquoi pas internationale.

SKB

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