SPORT: Football: Le WAC de Casablanca vainqueur de la super coupe de la CAF


Pour l’arbitre de la rencontre Janny Sikazwe pas de doute. Joël Kimwaki, le défenseur central du TP Mazembe, a déséquilibré dans la surface de réparation l’attaquant nigérian du WAC, Chisom Chikatara. L’arbitre zambien désigne sans hésiter le point de penalty. Les joueurs du club congolais protestent. Mais l’arbitre semble sûr de son fait. Puis soudain on voit ce dernier se diriger vers la piste d’athlétisme, alors que Chisom Chikatara a déjà pris position pour exécuter le penalty.

Sur le bord du terrain, Janny Sikazwe, seul, se penche sur un écran de télévision disposé là. Il revoit l’action ayant justifié sa décision, semble échanger via le dispositif de communication qu’il porte. Puis il retourne sur le terrain, et de ses deux mains simule un rectangle. En fait un écran de télévision, pour confirmer l’usage de l’arbitrage vidéo pour justifier sa décision d’annuler le penalty initialement attribué au WAC.

On assiste à un moment d’histoire ce 24 février 2018 au Complexe Mohammed V de Casablanca lors de cette Super Coupe de la CAF Total entre le Wydad Athletic Club (WAC) de Casablanca et le Tout Puissant Mazembe. Pour la première fois l’arbitrage vidéo est utilisé en Afrique et pour une compétition de la CAF.

On mesure mieux la pertinence du propos du président de la CAF, M. Ahmad, qui affirmait avant la rencontre : « Nous avons fait le pari de la transformation globale du football africain et nous n’entendons ménager aucun effort pour y parvenir. Notre continent ne peut pas demeurer à la remorque des innovations qui s’opèrent dans le domaine. De ce fait, le Comité exécutif et moi sommes résolument engagés à donner corps à des projets comme l’arbitrage vidéo durant les compétitions de la CAF. Depuis le CHAN Total, le Maroc a démontré qu’il existe déjà sur le continent des pays remplissant toutes les conditions requises à cet effet».

Ce changement de décision n’est pas bienvenu pour les supporters du WAC, qui ont vu leur club manquer un penalty quelques minutes avant. On imagine les historiques fans du club en train de ressasser les deux précédentes expériences du club en Super Coupe et qui se sont soldées par des échecs. Notamment en 1993 contre Africa Sport d’Abidjan et en 2003 contre le Zamālek du Caire.

Mais les Casablancais sont connus pour être imbattables dans leur fief et ce, grâce notamment à ses supporters, véritables 12e homme, qui jamais n’abdiquent. Ils sont estimés à 45 mille pour ce match face à Mazembe que le WAC débute pied au plancher, bousculant sérieusement les Congolais, visiblement pris de court par les rushs répétitifs qui les obligent au repli. Heureusement pour eux, il y a dans leur cage un Sylvain Gbohouo des grands jours, qui s’interpose par deux fois sur des occasions nettes en ce début de première mi-temps (3è, 11è).

Privé d’espace et soumis à un pressing infernal, le TP Mazembé trouve le répit dans le calme et de flegme de ses joueurs qui terminent la première mi-temps sans dégâts mais également sans s’offrir la moindre opportunité de mener au score.

Mazembe revient plus conquérant en seconde période. Attaquer pour mieux se défendre, semble être l’option idoine aux yeux du coach. Une option à double tranchant cependant car des espaces se libèrent dans les couloirs jusque-là hermétiquement fermés, devant des Wydadis manœuvrant avec une défense haute et par des incursions sur les flancs. C’est ce qui advint justement puisque les rushs récurrents finiront par pousser à la faute la défense qui concède le penalty. Heureusement pour eux, le Sylvain Gbohouo plonge du bon côté, et détourne en corner le tir de Walid El Karti (53è).

Les poulains de Moise Katumbi et leur poignée de supporters n’ont pas l’occasion de savourer l’exploit de leur gardien que l’arbitre zambien, Janny Sikazwe, désigne à nouveau le point de penalty, ouvrant ainsi la séquence VAR de la rencontre qui amène l’arbitre revenir sur sa décision.

Les Marocains accusent le coup mais restent sur une option très offensive avec les entrées de l’argentin Alsandro Quintana et de Hassouni. Remplacements également du côté congolais où on densifie le milieu de terrain pour maintenir la parité et forcer la décision aux tirs aux buts. Or, les locaux ne veulent pas courir ce risque et poussent mais l’adversaire résiste bien.

Finalement c’est sur un coup franc aux abords de la surface, magistralement exécuté par le virevoltant Amine Tighzaoui, que le WAC parvient à ouvrir le score. Un chef d’œuvre qui plonge les travées du stade dans l’hystérie.

Pour la 2e année d’affilée le TP Mazembé est battu pour la Super Coupe Total. Le WAC devient le 3e club marocain à remporter ce prestigieux trophée après son ennemi du Raja de Casablanca (2000) et le Moghreb de Fès (2012).

CAF

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