
Éliminé à cause d’un nombre de cartons jaunes supérieur au Japon. Ce motif, qui sort le Sénégal du Mondial 2018, symbolise la frustration de l’Afrique pour cette édition. Pour la première fois depuis 1986, aucune nation de ce continent ne s’est hissée en huitième de finale. Les Lions de la Téranga étaient les derniers espoirs, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et le Nigeria étant déjà hors course. Mais cet ultime représentant a été balayé à cause du rendement des arbitres, qui, décidément, n’ont vraiment pas été les meilleurs amis des Africains durant le tournoi.
La VAR a été un bourreau pour les équipes africaines. L’arbitrage vidéo a en effet joué un rôle non négligeable dans cette déconfiture, notamment pour le Maroc. Les Lions de l’Atlas n’ont pas profité de cette innovation technologique pour obtenir des penalties légitimes, contrairement à la France. Face au Portugal, le joueur marocain Nordin Amrabat a subi un contact dans la surface : l’arbitre ne siffle pas la faute… et décide de ne pas consulter la vidéo. Contre l’Espagne, l’égalisation de la Roja survient grâce à un corner… tiré du mauvais côté par rapport à la sortie initiale du ballon : pas de consultation vidéo non plus. Le Sénégal, au-delà de cette subtilité des cartons qui l’a conduit à rentrer à la maison, a aussi pâti des relations ambiguës entre la VAR et l’arbitre qui a accordé d’abord un penalty évident aux Lions de la Téranga à la suite d’une faute d’un joueur de la Colombie… avant de changer d’avis et de ne pas sévir.
L’Égypte, elle, a souffert de son cloisonnement continental. Souveraine en Afrique, cette équipe ne s’est pas adaptée pour se frotter à d’autres footballs issus d’horizons plus lointains. Elle s’est aussi trop reposée sur son joueur phare Mohamed Salah, reléguant ses coéquipiers en porteurs d’eau orphelins lorsque l’intéressé est forfait. La Tunisie, le Maroc et le Nigeria ont subi, eux, un tirage au sort bien défavorable avec des équipes comme l’Espagne, le Portugal, l’Argentine, la Belgique ou l’Angleterre. Des étapes peu adéquates pour un parcours reposant en phase de poules.
Certains coachs comme Hervé Renard pour le Maroc, Gernot Rohr pour le Nigeria ou Hector Cuper pour l’Égypte sont aussi pointés du doigt pour leur manque d’ambition dans le jeu. Pourquoi bétonner pour finir sur un tel bilan ? Pourquoi vouloir imiter la France plutôt que la Belgique qui, elle, se débride en attaque ? Seule la Tunisie, guidée par un entraîneur du cru, a vraiment fait du spectacle une exigence, les autres sélections privilégiant une approche tactique plus rudimentaire.
SKB

