
Le 2 août dernier, près de cinq mille (5 000) agents publics ont assisté à l’Assemblée générale de Dynamique Unitaire, du SAMTAC, du SYNAFOPRA et du SYPROCOM, au stade de basket de la cité d’Awendjé, pour l’annulation des mesures d’austérité prises par le gouvernement le 21 juin 2018. A cette occasion, la tenue d’une marche le 13 août 2018 à Libreville et dans tout le pays a été retenue, pour exprimer fortement l’exaspération grandissante des agents publics, et l’anxiété des lendemains difficiles et incertains des milliers de ménages. En dépit de la paupérisation, du ressentiment et de la révolte qu’elles font accroître chez les agents publics, chez les familles, chez le peuple, ces mesures s’inscrivent dans un vaste mouvement irréversible de dégradation générale du pouvoir d’achat de tous les travailleurs, donc des ménages, visible depuis environ trois ans par :
– l’inflation du coût du carburant à la pompe, du gaz, de l’électricité, des produits alimentaires et autres biens de consommation,
– la hausse des impôts et taxes directs sur les revenus des travailleurs quel que soit le secteur,
– l’arrêt de la prise en compte de l’assurance CNAMGS dans les hôpitaux et pharmacies à cause du non reversement des sommes dues, malgré les prélèvements opérés chez les travailleurs et le patronat, revus à la hausse en 2017.
– la rareté, sinon l’absence d’offres d’emplois sur le marché pour les jeunes diplômés,
– les licenciements massifs, progressifs et en violation de la Convention n°158 de l’OIT et du Code du travail, de la main-d’œuvre non permanente, sans le versement de leurs indemnités : Cas du C.H.U d’Angondjé et du CENAREST…, le chômage technique et faillites d’entreprises dans le secteur privé formel,
– la suppression illégale des acquis sociaux sectoriels, notamment de primes spécifiques, dans plusieurs administrations. C’est le cas des administrations de la Marine marchande, des Eaux et forêts, des Affaires étrangères, des Douanes, des Impôts,…
– la suspension illégale des recrutements, intégrations, titularisations, avancements automatiques, reclassements, stages et concours dans toute la Fonction publique.
Ce sombre panorama s’est alourdi depuis le 25 juillet dernier, par la rétention des bons de caisse de 6 617 agents publics et le refus par certains responsables administratifs, de signer les attestations spéciales de présence au poste. Pour ce faire, Dynamique Unitaire, le SAMTAC, le SYNAFOPRA et le SYPROCOM exigent la publication de la liste des 6 617 agents publics présumés fantômes, décelés lors de la première phase de l’opération de mise sous bon de caisse, pour des soucis de transparence. Par ailleurs, Dynamique Unitaire, le SAMTAC, le SYNAFOPRA et le SYPROCOM fustigent le pointage illégal des agents publics, et demandent au gouvernement de nous édifier sur les objectifs et les fondements juridiques de ce pointage. C’est pourquoi, nous demandons à tous les agents publics de ne pas se plier à ce pointage illégal qui n’est autre que le travail forcé aboli par la Convention n°105 de l’OIT. En l’absence d’une décision de grève, soyez à votre poste de travail mais ne signez par lesdites fiches.
Suite à la saisine de la Cour constitutionnelle du 12 juillet 2018 par Dynamique Unitaire, aux fins d’annulation de l’ordonnance n°00000016/PR/2018 du 23 février 2018, portant modification suppression et complétant certaines dispositions de la Loi n°1/2005 du 4 février 2005 portant statut général de la Fonction publique, et des mesures d’austérité prises en conseil des ministres du 21 juin 2018, une audition en séance plénière s’est déroulée le lundi 6 août 2018 devant les magistrats de cette haute juridiction. Après audition, la Présidente de la Cour Constitutionnelle a demandé aux syndicats plaignants d’apporter les listes des agents publics lésés par la rétention des bons de caisse et la non signature des attestations spéciales de présence au poste. C’est pourquoi Dynamique Unitaire, le SAMTAC, le SYNAFOPRA et le SYPROCOM rappellent à tous les agents concernés que les enregistrements initiés depuis le 26 juillet 2018 au siège de Dynamique Unitaire à la cité d’Awendjé se poursuivent jusqu’au mercredi 8 août 2018.
L’Assemblée générale du 2 août dernier a décidé de poser des actions fortes et de briser ce cycle de servilité qui appauvrit et affame les fonctionnaires, les contractuels, la main-d’œuvre non permanente, les retraités, les déflatés non indemnisés des organismes publics et parapublics et toutes les victimes de la crise et des mesures d’austérité. C’est pourquoi, toutes ces catégories sociales entendent défendre leur dignité et le panier de la ménagère, ce lundi 13 août 2018 à Libreville au Rond-point de la Démocratie, par la Grande Marche noire « NE TOUCHE PAS Á MON BOUT DE PAIN !», organisée simultanément dans les autres provinces du pays. Cette mobilisation pacifique sans précédent se lancera avec pour symboles brandies par chaque manifestant la baguette de pain dans la main droite et un bandeau noir sur le front, pour illustrer l’aliment essentiel pour le travailleur que le gouvernement menace d’arracher et les lendemains obscurs qui doivent être combattus.
N’ayons pas peur de prendre part massivement à cette marche car Dynamique Unitaire, le SAMTAC, le SYNAFOPRA et le SYPROCOM ont respecté la voie légale en saisissant par voie d’huissier le 2 août 2018 le ministre en charge de l’intérieur, avec ampliations à plusieurs institutions sur le plan national et international. La loi n°001/2017 du 3 août 2017, relative aux réunions et manifestations publiques en République gabonaise, est claire en son article 3 : « Les réunions et manifestations publiques sont libres en République gabonaise ». Cette marche a des visées purement syndicales pour défendre les droits des travailleurs et non politiques.
LMT

