La Charte pour la conservation des mangroves du Gabon


Cette charte, résultant d’un processus participatif réussi, constitue une base de plaidoyer pour l’engagement de toutes les parties prenantes dans la gestion durable de ce précieux écosystème naturel.

En 2016, les mangroves du Gabon couvrent une superficie de 167 834.79 ha soit 0.71 % de la superficie des forêts du pays estimée en 2015 à 23.59 Mha (88 % du territoire). Les mangroves du Gabon se localisent principalement au niveau de trois grandes régions : la région de l’Estuaire, 113 701.20 ha (67.75 %), la région de l’Ogooué Maritime, 46 900.57 ha (27.94 %) et la région de la Nyanga, 7 233.02 ha (4.31 %).

Sur cet ensemble, 67 153.29 ha, soit 40.01 % des mangroves du pays se trouvent à l’intérieur des aires protégées, notamment l’arboretum Raponda Walker (501.23 ha) et les parcs nationaux d’Akanda (20 942.45 ha), de Pongara (44 597.16 ha), de Loango (539.12 ha), de Mayumba (418.26 ha) et de Moukalaba Doudou (155.05 ha). Ainsi 100 681.5 ha (59.99 %) se trouvent hors des aires protégées dont 123 57.22 ha (7.36 %) dans les concessions forestières et minières et 88 324.28 ha (52.63 %) sur le reste du territoire dont les zones urbanisées.

En 2000, les mangroves du Gabon couvraient une superficie de 168 327.23 ha soit 0.71 % de la superficie des forêts du Gabon (23.67 Mha). L’analyse des changements entre 2000 et 2016 montre une perte totale de 492.44 ha de surface de mangroves contre aucun gain. Les pertes observées se localisent principalement dans la région des mangroves de l’Estuaire (425.50 ha, soit 86.41 %) et celle de l’Ogooué Maritime (66.94 ha, soit 13.59 %). La région des mangroves de la Nyanga quant à elle reste sans aucune perte observée.

La cartographie de l’état des mangroves du Gabon en 2016, validée avec une précision de 96.58 %, a été réalisée par analyse de plus de 32 images Sentinel 2A et 18 images Spot6/7. A cause de l’encombrement nuageux persistant, des scènes de différentes dates centrées sur l’année pivot 2016 ont été compilées pour obtenir une couverture des données sans nuages. Ces images ont été analysées par classification automatique de différentes bandes et indices paramétriques, par seuillage et par amélioration des résultats par photo-interprétation. La donnée SRTM (Shuttle Radar Topography Mission, 30 m) a été utilisée pour intégrer les critères de pente et d’altitude en vue de délimiter les zones de répartition naturelle des mangroves suivant des seuils indiqués dans la bibliographie. Des observations de terrain comprenant notamment des prises de vues aériennes par drone ont permis d’assurer la qualité de la photo-interprétation. La cartographie finale a ensuite été validée par comparaison des résultats produits avec des observations renseignées sur une grille de données de référence indépendante.

Grâce à des images satellitaires de très haute résolution spatiale (World View, 50 cm), cette grille a été renseignée de manière participative par des connaisseurs et spécialistes des mangroves du Gabon.

LMT

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