Vœux 2020 d’Ali Bongo Ondimba


L’année 2019 s’est achevée. 2020 s’ouvre devant nous, ainsi qu’une nouvelle décennie. En la circonstance, le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba fut heureux d’accueillir les Présidents des Institutions constitutionnelles, des Confédérations du patronat et des travailleurs, au Premier ministre Chef du gouvernement, aux Commandants des Forces de Défense et de Sécurité, au Représentant des Confessions religieuses, au Représentant de la presse et au Secrétaire Général de la Présidence de la République, à la Présidence de la République, la première de nos institutions, pour la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux à laquelle, en tant que Chef de l’État, garant de notre Constitution, garant de nos institutions.

Le Président de la République a noté les besoins, les attentes et les revendications des uns et des autres. Ceux-ci sont globalement légitimes. Ils le sont d’autant plus qu’ils concernent, un seul objectif : la légitime satisfaction des besoins et du bien-être de nos compatriotes.

Mais pour ces mêmes populations, nous devons résolument œuvrer, pour matérialiser leurs priorités : l’emploi, l’éducation, la santé, le logement, les routes, l’eau et l’électricité, le pouvoir d’achat. Toutefois, dans ce contexte de contraintes économiques caractérisé par des ressources financières limitées, face à ces nombreux besoins qui exigent des moyens financiers importants, leur satisfaction va s’étaler sur plusieurs années à compter bien entendu de l’année 2020.

Pour y parvenir, des priorités seront identifiées et le Gouvernement se mettra à l’œuvre dans les meilleurs délais. Au-delà de ces attentes particulières et légitimes que vous avez exprimées, je voudrais saisir cette occasion pour vous faire part de quelques observations. Des observations qui, en nos qualités de responsables, doivent guider notre action en ces temps de mondialisation, de transformation et d’évolution de notre société.

Partout dans le monde, et les médias nous le rappellent au quotidien, nous assistons au réveil des peuples sous fond d’attentes et d’aspirations exacerbées et, n’ayons pas peur de le dire, de frustrations et de mécontentements.
Les institutions, nos institutions, sont de plus en plus ébranlées. La parole publique, autrefois déifiée, est aujourd’hui souvent dévalorisée.

Dans une certaine mesure, même si notre pays est moins touché que d’autres par ce phénomène, il n’en demeure pas moins épargné, car le Gabon ne vit pas en dehors du monde. Je note qu’il y a souvent méprise quant à la compréhension de ce phénomène. Paradoxalement, les peuples du monde ne demandent pas moins d’État, mais des États encore plus à leur service.

Cela signifie pour deux choses. La première, c’est une demande d’autorité. Partout, dans le monde, les populations expriment à juste titre une demande de protection. A la fois sur le plan sécuritaire face à la montée de l’extrémisme et du terrorisme, et sur le plan économique pour lutter et résorber le fléau du chômage. Face à la perte de repères de nos sociétés, l’effacement des valeurs collectives, l’aspect néfaste de l’influence des réseaux sociaux qui permet à certains de déverser leur haine de façon anonyme, les peuples, tous les peuples demandent à leurs dirigeants une légitime protection. Cette demande d’autorité, tant sur le plan national qu’international, qui est aussi celle des Gabonaises et des Gabonais, se double d’une demande d’efficacité.

L’action publique doit être efficace. Elle doit produire des résultats. Des résultats sur le long terme pour préparer l’avenir, adapter notre pays aux exigences du lendemain. Mais aussi – et peut-être surtout – des résultats immédiats, tangibles et visibles de tous, améliorant concrètement les conditions de vie de nos concitoyens, qui portent leurs espoirs sur les dirigeants que nous sommes. Pour redonner foi en l’action publique et confiance à nos compatriotes, la seule manière de briser la défiance de nos populations envers leurs institutions, est d’être efficace, il nous faut être efficaces.

Efficaces collectivement dans la conduite de l’action publique dont nous avons tous ici, chacun à notre niveau, la charge. Avoir le sens des priorités est l’une des qualités indispensables aux dirigeants. Être efficaces, cela implique par ailleurs, pour nous Gouvernants, de changer de paradigme. De ce point de vue, 2020 devra être l’année de la réaffirmation de la valeur du Travail, mais du travail bien fait et concret dont on peut voir, toucher du doigt et mesurer le résultat.

C’est un devoir qui s’impose à tous, décideurs publics comme privés, et plus particulièrement encore à certains d’entre nous :
Les Forces de défense et de sécurité, garantes de l’unité de la nation auxquelles j’adresse mes remerciements et encouragements pour l’esprit républicain qu’elles ont toujours témoigné ;
Les magistrats, gardiens de notre État de droit ; ou encore les femmes et hommes de médias à qui, une plus grande exigence d’éthique et de professionnalisme est demandée à l’heure des réseaux sociaux et des « fake news ».

L’exemplarité doit être de mise dans l’exercice de la responsabilité. La responsabilité, pour tout dirigeant, à la tête de l’État comme des entreprises privées, cela signifie d’abord « servir et non se servir ». D’où une exigence de probité de la part de nos concitoyens qui, partout, est de plus en plus grande. Le Gabon n’y échappe pas.

Autorité de l’État, incarnée par son Chef et innervée par ses corps constitués, travail et efficacité dans la conduite et la mise en œuvre de l’action publique, exemplarité au Sommet de l’État et de toutes les institutions, publiques comme privées. Voici les lignes directrices qui doivent guider l’action de tout dirigeant au Gabon en 2020 et dans la décennie à venir.

C’est à ce prix que nous maintiendrons le cap du développement pour l’émergence de notre pays, ainsi que la cohésion et la stabilité de notre société. Société qui, par nature, a besoin d’autorité et d’exemplarité. Deux notions à la base de notre contrat social. A cet égard, nous avons tous un rôle déterminant à jouer.

Certes, nous avons nos sensibilités politiques. Nous ne partageons pas toujours les mêmes opinions. Mais nous nous retrouvons toujours sur l’essentiel : le sens de l’État, l’amour de la patrie. Pour bâtir un Gabon fort, nous avons besoin, de toutes les compétences, de toutes les bonnes volontés. Il en va de notre devoir de bâtir un pays prospère aujourd’hui, et demain, au bénéfice des générations futures.

FOG

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