
L’OMS estime que ~16% des patients symptomatiques sont dans un état suffisamment sérieux pour nécessiter une hospitalisation. La grippe ? ~0,2% des cas ! Le rapport entre les deux ? Un facteur de 80, ce n’est donc pas une situation identique. Nous avons maintenant des chiffres plus précis pour les patients symptomatiques : 80% de cas légers (peuvent rester chez eux), 13% de cas sévères (hospitalisation), 6% de cas critiques (soins intensifs). Le ministre de la Santé Max Limoukou qui a accès à toute l’information sur le réseau hospitalier gabonais peut maintenant déterminer à partir de combien de cas symptomatiques le système hospitalier gabonais viendrait à court de lits d’hôpitaux pour les cas sévères et les cas critiques. Tout indique qu’une proportion significative de transmission du coronavirus se fait par aérosol, ce qui change complètement la donne pour les mesures d’isolation.
Pour s’assurer que toutes les expériences impliquant des agents infectieux ou recombinants respectent toutes les règles et ne posent pas un danger au grand public, il faudra vérifier si la proportion de cas symptomatiques dû au coronavirus atteint 1% de la population.
Le nombre de reproduction de base du coronavirus est entre 4,7 et 7 d’après les calculs de différents épidémiologistes, qui est différent du nombre de reproduction effectif calculé par l’OMS (2,5), la différence étant que le nombre de base correspond à la situation sans mesures d’isolation, et le nombre effectif change en fonction de l’implémentation de différentes mesures d’isolation. Le virus est plus contagieux, mais quelle en est l’implication ? Si le virus de la grippe infecte 2 à 8% de la population, bon an mal an, et que ce virus est plus contagieux que la grippe, qu’est-ce qui va l’empêcher de se propager au moins comme la grippe dans une population immunologiquement naïve ? Avec l’absence à l’heure actuelle d’un vaccin ou d’un traitement efficace contre ce nouveau coronavirus, la question de disponibilité de lits d’hôpitaux prend toute sa signification et son urgence, vu le taux beaucoup plus important de complications avec ce coronavirus.
Le dépistage du coronavirus pour les cas de symptômes grippaux non liés à une connexion chinoise permettra au ministre de surveiller adéquatement le territoire. A cet effet, des recommandations sont disponibles notamment sur la quarantaine et l’encadrement pour les personnes qui reviennent au Gabon d’une zone contaminée, sachant aussi que la période d’incubation peut excéder deux semaines et qu’il y a des patients guéris qui ont été réinfectés.
Le ministre de la Santé Max Limoukou et ses équipes doivent se mobilisés pour combattre ce virus avec les mesures extrêmement strictes qui sont nécessaires lorsqu’un virus se transmet par aérosol et de manière asymptomatique. Et il faut dès maintenant tirer les leçons de la première phase de cette épidémie, comment les Chinois sont passés d’un modèle de quarantaine très large, 400 millions d’habitants, à une approche flexible et ciblée. Il reste à voir le nombre de cas qui émergeront alors que la population retourne à ses activités habituelles, mais le système de surveillance très avancé suggère qu’ils seront capables de contenir ces nouveaux cas.
Aujourd’hui, face à ce coronavirus, le ministère de la Santé a mis en place toute une série d’actions de prévention. Il est impératif de mobiliser la population et tout le personnel soignant pour permettre à la prévention de jouer son rôle par une campagne d’information à l’échelle du défi auquel le Gabon est confronté.
LMT

