Très affaiblie par la crise sanitaire, la presse gabonaise va bénéficier d’aides de l’Etat après les travaux de la Commission chargée de la répartition de la subvention à la presse écrite et en ligne du 13 au 19 octobre 2020 ce, conformément à la décision n°00040/ MCEN/SG/DCAJ/2020 et de l’ARRETE N°00019/MCEN/SG/DCAJ/2020 fixant les conditions et les modalités d’éligibilité à la subvention de soutien à la presse Ecrite.
En effet, sans cette subvention, beaucoup de titres gabonais, disparaîtraient. Car, la presse gabonaise vit dans un monde artificiel coupé des réalités économiques et technologiques. Obtenir toujours plus d’aides est devenu un mode de fonctionnement.
Commençons par une évidence : nous vivons une époque complexe. Une époque et un pays dans lesquels la défiance envers les médias se fait de plus en plus forte. Et au cœur de cette défiance, il y a la crainte d’une partie des citoyens de voir une presse être subventionnée par l’État, et laisser, de fait, les pouvoirs politiques influencer son contenu et ses orientations. C’est un débat. Mais que les choses soient claires : toute la presse gabonaise n’est pas subventionnée, loin de là.
Ainsi, on peut déplorer la menace qui pèse sur l’avenir de la presse. On peut se demander légitimement comment vont survivre des rédactions de centaines de journalistes disposant d’une culture professionnelle et d’un savoir-faire uniques, mais on ne peut pas enrayer cette évolution.
La presse gabonaise n’a pas d’autre choix que de se réinventer, mais paradoxalement, elle n’en prend pas le chemin. Et les aides publiques peu nombreuses lui font plus de tort que de bien. Elles la dissuadent de se remettre en cause et l’encouragent à s’accrocher à un modèle condamné.
Pouvait-on espérer un sursaut de lucidité de la Commission chargée de la répartition de la subvention à la presse écrite ? Visiblement oui, puis que le Ministre d’Etat, Ministre de la Communication et de l’Economie Numérique Edgard Anicet Mboumbou Miyakou s’est impliqué personnellement en étant un précurseur dans l’intronisation de quatre représentants de la presse privée écrite et en ligne avec l’Organisation des Patrons des Médias (OPAM) représenté par son Président Guy Pierre Biteghe, le Cercle des Patrons de la Presse Privée en Ligne (CPPPL) représenté par son Président Thierry Mebale Ekouaghe, le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) représenté par son vice-président Franck Charly Mandoukou, et les non syndiqués représentés par Brice Ndong.
Force est de constater que le secteur de la presse n’est en rien différent des autres secteurs économiques : il doit être soumis à l’exigence de rentabilité, qui est le seul indicateur qui permet de mesurer l’adéquation du service aux besoins et aux désirs des consommateurs de médias.

