Le titre est accrocheur et à bien des égards simpliste mais nous ferions bien de nous y pencher sérieusement, comme Nicolas Cardou le fait avec brio dans le dernier numéro de NECTART. Il est bien évident qu’à l’heure d’une culture sur écran et privative triomphante, la politique culturelle n’a plus grand chose à voir avec celle imaginée par Jeanne Laurent puis André Malraux quand la musique s’écoutait quasi exclusivement en concert (ou parfois sur mange-disque), quand l’écran était essentiellement de cinéma.
Mais avec une stratégie extrêmement pernicieuse et efficace, Amazon (lire l’article de Mathilde Rimaud), Netflix (lire l’article de Louis Wiart) et les autres grandes plateformes numériques continuent de conquérir de nouveaux marchés, sans se soucier des politiques publiques menées dans les pays où elles sont implantées sauf si elles sont fiscalement contraignantes. Ce n’est pas une raison, bien au contraire, d’abandonner toute ambition en matière de politique culturelle pour peu que celle-ci soit adaptée à l’époque et claire dans ses objectifs. Nicolas Cardou explore dans son article des pistes fort intéressantes, aussi bien à l’échelle locale que nationale et européenne, prouvant que l’imagination et le courage valent mieux que la gestion et la résignation.

