Entrevue du jeudi 29/10/2021, entre le Président de l’Ordre gabonais des architectes (OGA), M. Bienvenu Erichk Mauro Nguema, et le Président de SOS Consommateurs, M. Christian R. Abiaghe Ngomo. Au centre des échanges, la nécessaire appropriation par les gabonais du cadre réglementaire du permis de construire.
Délivré par le maire ou le président du conseil départemental, après avis technique de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), le permis de construire est une autorisation administrative obligatoire donnant le droit d’édifier une construction. Il faut mettre un terme au chao ambiant consécutif à l’occupation anarchique de l’espace urbain et l’absence d’une bonne politique d’urbanisation. Des câbles d’électricité traînent à même le sol, tout comme des conduites d’eau potable. Une maison est en même temps la limite et le début d’une autre bâtisse voisine. Inexistence des voies d’accès ou voies impraticables, insalubrité, promiscuité absolue, insécurité…
Dans le cadre du plan triennal 2021-2023 pour accélérer la transformation du Gabon, la modernisation de l’habitat est une priorité. Mise en œuvre par l’ANUTTC et les collectivités locales (Mairies et Conseils départementaux), la réforme s’articule autour de plusieurs points. Il s’agit de mettre en place des mécanismes de suivi pour évaluer le temps de traitement des demandes de permis de construire ; améliorer le contrôle de la qualité des bâtiments grâce à un système d’inspections échelonnées et fondées sur les risques pendant la construction ; numériser le processus de délivrance de permis de construire ; rendre effectif les contrôles effectués avant, pendant et après les travaux de construction ; délivrer la déclaration d’achèvement des travaux et le certificat de conformité.
Conséquence d’un « laisser-faire » des administrations et institutions depuis des décennies au Gabon, les constructions anarchiques sont un frein au développement de l’espace urbain et au bien-être des populations qui, du fait de l’enclavement, voient leurs investissements dévalorisés et se voient privés de certaines et commodités (réseaux d’eau et d’électricité, routes, écoles, hôpitaux…).
Ici, l’Etat doit assumer ses responsabilités, pas seulement par la sanction, mais d’abord par l’éducation et l’allègement des procédures d’accès à la propriété au Gabon.

