Gabon/Sanction contre le média «7 jours info» : entre amalgames et mauvais procès de la HAC.

Le 6 janvier dernier, le président par intérim de la Haute autorité de la communication (HAC) Jean-Louis Mabendi a sanctionné le media en ligne « 7 Jours info » suite à son article « Ali Bongo perd la boussole et son comportement le prouve chaque jour un peu plus », sous prétexte qu’il porte atteinte à la dignité d’autrui.

Même si elles peuvent être soumises à des questionnements politiques ou stratégiques, cette initiative de blocage est l’expression du malaise qui règne dans le pays. La sanction de la HAC envers « 7 jours info » est condamnable et représenterait une menace contre la liberté de la presse voire contre la démocratie. Comment comprendre que les médias réputés être proche du pouvoir soient rentré en possession de la sanction de la HAC avant même que le média incriminé n’ait reçu une notification ou même une convocation ?

Bref, ne pas notifier le média incriminée « 7 jours info », permet d’être sûr que les autres médias n’iront pas vérifier par eux-mêmes l’inanité du propos du président de la HAC. En effet, critiquer « 7 jours info » revient à souffler sur les braises. Mieux, critiquer le rôle de 7 jours info dans le champ médiatique gabonais, c’est stigmatiser l’ensemble des journalistes. Journalistes qui sont, eux, la cible des colères suscitées à bien des égards par les tenants du pouvoir.

Pour rejeter l’atteinte à la dignité, on prend soin de relever que l’article de « 7 jours info » ne recherchait pas le sensationnel et qu’il était dépourvu de toute indécence. On voit combien ici encore, que le droit et la morale viennent se mélanger. Est-ce à dire que tout article indécent serait par principe attentatoire à la dignité ? C’est un enseignement qu’on pourrait effectivement tirer a contrario de la décision de la HAC mais à la vérité, les concepts de décence et de dignité ne sont pas équivalents, loin s’en faut.

Formulée ainsi, l’exigence plus humaniste que moraliste pourrait être approuvée, mais on voit combien les contours flous d’une telle décision issue du président intérimaire de la HAC, Jean-Louis Mabendi sont inaptes à régir de manière durable une liberté fondamentale comme la liberté d’expression. Car, la HAC n’est pas autonome vu que la majorité des membres y sont nommés.

Pour rappel, depuis quelques mois, le média en ligne « 7 jours info » fait l’objet d’une défiance des médias à la solde du pouvoir «la Calotte» et «le Douk-Douk» sans que la HAC n’en dise mot. Cette situation est la démonstration de la colère et de la haine à l’égard de « 7 jours info », et même de l’absence de la liberté de la presse au Gabon.

Force est de constater qu’à l’heure actuelle au Gabon, la primauté de la liberté individuelle sur les impératifs de l’actualité fait peser lourdement les intérêts privés sur le dogme pourtant puissant de la liberté d’expression.

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