La fin de Ndemezo’o ?

Est-ce la fin de René Ndemezo’o Obiang ? Bien sûr, il ne faut jamais sous-estimer les extraordinaires capacités de rebondissement de cet homme qui ne vit que pour reprendre le pouvoir.

Il reste que sa présidence du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) se trouve sérieusement compromise par cette autre catastrophe judiciaire qui s’abat sur lui. Il s’est muré dans le silence depuis le début de cette affaire. Toutefois, Ndemezo’o apporte son soutien au chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, qui est par ailleurs président de la République.

L’ancien ministre et député du Parti Démocratique Gabonais (PDG), est cité sur l’affaire de détournement de fonds publics du CESE. Mais il traîne encore une autre casserole, à savoir sa démission du PDG le parti au pouvoir en février 2015 afin de rejoindre contre tout attente l’opposition radicale du Front Uni de l’Opposition pour l’Alternance (FUOPA) de Jean Ping et Zacharie Myboto. Son retour dans les rangs du PDG depuis avril 2021 est sujet à caution.

Dans tous les cas, une condamnation désorienterait les populations à l’approche de la course à l’élection présidentielle de 2023. Même s’il était acquitté, sa réputation aurait été abîmée. Mais le pire, c’est que la justice est lente, et que nul ne sait quand surviendront les prochaines étapes du double processus judiciaire qui l’attend.

M. Ndemezo’o Obiang, de même que le PDG, le parti au pouvoir devra donc vivre avec une épée de Damoclès. Les rebondissements du processus judiciaire pourraient survenir au beau milieu de l’investiture du candidat PDG à l’élection présidentielle. De quoi faire dérailler complètement son statut de baron politique dans la province du Woleu-Ntem et semer la panique au sein du PDG.

Il y a longtemps déjà que des jeunes loups le surpasse, et de loin, auprès des électeurs en l’occurrence de sa province natale. La cote de René Ndemezo’o Obiang est plus basse qu’elle ne l’a jamais été dans la population et même parmi les militants de son Parti.

Il y a pléthore de leaders dans la province du Woleu-Ntem, dont Charles Mve Ella, Guy Patrick Obiang Ndong, Dieudonné Minlama,  Patrick Eyogo Edzang, Jessye Ella Ekogha. Car, les électeurs optent pour celui qui les portera au pouvoir et votent avec l’œil sur la popularité.

La tension, visiblement, le ronge. Amaigri, plus agité que jamais, René Ndemezo’o Obiang semble être devenu la caricature de lui-même.

Dans ses discours, les phrases sont saccadées, chargées d’une agressivité contenue. Son impétuosité est perçue aujourd’hui comme des manifestations énervantes d’agitation et de surexcitation.

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