Tant que cette énième « fausse-couche économique » peut nous distraire encore un temps de notre propre misère rampante !
Commençons par le Règlement N°02/18/CEMAC/UMAC/CM du 21/12/2018 encadrant les changes dans la CEMAC et qui indique d’abord à l’Article 77:
« L’allocation des devises s’effectue en espèces, par virements de fonds, par carte bancaire ou par carte prépayée. Elle est plafonnée, tous moyens de paiement confondus, à la contrevaleur de 5 millions de francs CFA par personne et par voyage ».
Ensuite à l’Article 78 :
« Les personnes physiques franchissant les frontières de la CEMAC, à l’entrée ou à la sortie, sont autorisés à détenir par-devers eux, sans déclaration, des sommes en espèces d’un montant ne dépassant pas l’équivalent de 5 millions de Francs CFA, devises et Francs CFA confondus. Tout montant supérieur à 5 millions de Francs CFA ou l’équivalent en devises ainsi que les instruments négociables et valeurs correspondant à ce seuil font l’objet d’une déclaration auprès des services de douane sous peine de sanctions prévues par la réglementation en vigueur ».
Nous nous devons à la vérité de reconnaître que Monsieur Guy NZOUBA NDAMA traversait avec plus de 5 millions de FCFA autorisés. N’ayant pas déclaré le montant trouvé, il encourt 2 sanctions à ce stade: Une amende et la décote du montant constaté pour qu’une partie soit versée aux Douanes.
La procédure légale est que les services douaniers procèdent à son identification et peuvent exiger, en cas de nécessité, des informations complémentaires sur l’origine des fonds transportés. À défaut de justification de l’origine des fonds, les services douaniers confisquent les sommes en cause et les remettent à la Banque centrale. Il ne peux être relaxé avec son argent qu’à l’épuisement de cette procédure.
Il est aussi possible de spéculer sur l’origine de cet argent en rappelant d’une part, qu’en 19 ans et 6 mois de présidence de l’Assemblée nationale, Guy NZOUBA NDAMA qui avait 160 millions de FCFA par mois, aura reçu légalement de l’État la somme de 37 Milliards 440 millions FCFA, sans compter d’autres avantages (Véhicules, carburant, charges des personnels privés, eau, électricité, couverture médicale, voyages…etc).
D’autre part, à la retraite parlementaire, l’État continue à lui verser son indemnité et sa pension mensuelle de 55 millions au total par mois.
On imagine qu’il aura investi une partie de ces 34 milliards 440 millions dans des affaires et pris des actions dans des sociétés au Gabon et à l’étranger comme beaucoup d’autres dignitaires encore aux affaires le font.
Il serait donc raisonnable qu’il rapatrie quand il le souhaite ses revenus vers ce pays qu’il n’a jamais quitté, pour ses projets sociaux, économiques ou politiques.
Surtout en cette période où le Gabon prépare des échéances électorales dont la Présidentielle à laquelle il fut déjà candidat en 2016 avec des élus au Parlement et dans certaines collectivités.
Fort de sa longévité au pouvoir politique du temps du feu Président Omar BONGO ONDIMBA dont chacun connaissait la proximité avec le Congo Brazzaville, Guy NZOUBA NDAMA peut avoir bénéficié d’une aide financière des milieux congolais, comme Omar BONGO ONDIMBA en accordait dans les pays de la région en l’occurrence.
Si cet argent qu’il aurait dit être un don des autorités de Brazzaville est confisqué, celles-ci exigerait la récupération immédiate. Tout refus à cette démarche créerait une énième crise politique et même diplomatique avec des conséquences que la proximité et l’histoire rendraient incalculables de part et d’autre des 2 frontières.
Certains ont même redouté qu’il soit peut-être tombé sur de faux monnayeurs qui l’ont ensuite dénoncé à son passage aux frontières pour le mettre aux prises avec la Justice et créer les conditions de sa disqualification au scrutin de 2023.
Le Président des Démocrates était-il aussi sous le coup d’une procédure visant à démontrer qu’il fut auteur de détournements de deniers publics ? Dans cette hypothèse, la justice devra éclairer l’opinion comme elle l’a fait lors des arrestations spectacles des Ajeviens.
Elle devra aussi identifier et entendre toutes les personnes, ayant sans aucune autorisation, filmé cette opération de contrôle, diffusé et partagé ces images qui livrent l’intéressé encore passible d’aucun délit établi, à la vindicte populaire.
Au sujet des gendarmes ayant coûte que coûte décidé de révéler le pognon de ces valises à tribord à coups de clé à roue, la reconnaissance de la Nation à la bravoure et à l’honnêteté suffira.
Et puis dans ce pays où la misère rampe aux bords de nos gazinières et congélateurs, ils se sont peut-être offert la clé Immaculée donnant accès au paradis. Ne les blâmons jamais…
Pour le reste, mangeons l’iguane sans ouvrir son estomac.
Edgard Nziembi Doukaga, journaliste

