Soyons fiers de Benjamin Epps lauréat du Best international Flow au BET Hip Hop Awards 2022

Si nous voulions être rigoureux, on aurait dû souligner que Benjamin Epps a été nominé sous le couvert de la France. Le Gabon n’était donc pas représenté aux BET AWARDS 2022.

Soyons fiers d’avoir un Eppsito, rappeur français d’origine gabonaise. Mais, n’attribuons pas au Gabon des exploits qui ne sont pas les siens.

Quand Epssito était au Gabon, pas grand monde ne le calculait. Parce que l’environnement néglige l’art, le sport et les industries culturelles.

Maintenant que la France le fait briller, soyons fiers de notre petit-frère, fils et compatriote. Mais… De grâce, le Gabon, en tant qu’Etat, n’a rien à y voir pour l’instant.

Personnellement, j’attends l’artiste Gabonais qui sera nominé aux BET AWARDS avec l’étiquette « GABON ».

Par ailleurs, au lieu de faire des comparaisons peu constructives entre Eppsito et Lord Ékomy Ndong, demandons-nous pourquoi un artiste gabonais, talentueux comme Eppsito, doit-il être présenté comme artiste français pour être nominé aux BET AWARDS ?

« Le pouvoir ignare ignore la valeur de l’art et du sport, or nos gars valent de l’or », disait justement Ekomy Ndong.

J’ai par exemple toujours pensé qu’un artiste comme Lestat XXL méritait une carrière internationale brillante. Son péché ? Peut-être parce qu’il se présentait ailleurs avec la nationalité gabonaise…

Que les politiques publiques et les bonnes volontés professionnalisent l’industrie musicale gabonaise… Au lieu d’attendre que la France ou des familles, à titre personnel, se sacrifient pour leurs enfants avant que le Gabon ne vienne juste en récolter les honneurs. C’est trop facile.

C’est le même sentiment qui m’anime lorsque je regarde un joueur de foot professionnel comme Aubameyang. Lui qui fait citer le nom du Gabon dans le monde alors que le Gabon n’a quasiment rien fait pour sa formation et sa reconnaissance au niveau international.

Si ce n’était l’amour du pays de son père… Il aurait pu choisir de jouer pour la France comme Mbappé.

Encore « Bravo » à Eppsito. C’est une reconnaissance internationale et personnelle méritée, loin d’un pays que nous aimons tous mais dont les dirigeants sont… Bref. Chacun connaît la fin de la phrase.

Je ne vivrai jamais ma fierté d’être Gabonais par procuration parce que notre pays est, pour l’instant, incapable de détecter et d’encadrer ses enfants qui se distinguent dans la science, l’art et le sport.

Je souhaite voir une industrie musicale forte dans notre pays. Une qui soit capable d’encadrer nos talents sous la bannière nationale, sous le tricolore vert-jaune-bleu, et que ces talents se présentent et soient reconnus aux yeux du monde avec l’étiquette GABON.

Ceci afin que notre fierté n’ait pas un arrière goût de devoir se disputer avec d’autres ce qui nous est pourtant propre. Que cette reconnaissance se fasse avec nos propres codes. Notre propre référent culturel. Sans le besoin de devoir s’assimiler à un peuple d’un autre continent. Nous n’avons pas besoin de nous dénaturer avant que le monde reconnaisse nos talents ou notre part d’humanité.

Pierre Claver Akendengue et Oliver Ngoma ont su s’imposer à l’international sans confusions ni doutes sur leur culture et leur identité.

Lorsque nous écoutons de la musique Nigeriane, Ghanéenne ou Américaine au Gabon en permanence, ce n’est pas parce que tout le monde comprend anglais ou les dialectes de ces peuples. Mais, pourquoi ça marche ? Pourquoi ça s’exporte ? Pourquoi peuvent-ils briller à l’international avec leurs particularismes et pas nous ? Telles demeurent les questions que je me posais. Simplement.

Encore toutes mes félicitations à Benjamin Epps et bonne chance pour la suite.

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Étienne Francky Meba Ondo

Dit Meboon Môôn Meba Ondo

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