Mon indignation est grande de constater qu’au lieu d’agir par les dons, mais en silence, à la suite du décès de 7 membres d’une même famille emportés par éboulement faute d’habitation digne de ce nom, les services du Chef de l’Etat utilise le drame d’une famille pour montrer la générosité du président de la République.
C’est contre-productif, car des éboulements, les PK en connaissent depuis.
Il y a eu un éboulement en 2013 au PK7, un autre en 2014 à Kinguélé, nous vivons actuellement celui du PK8.
Faut-il attendre seulement les drames pour résoudre les problèmes des populations par la générosité, en lieu et place d’un Etat absent et irresponsable?
De même que notre indignation est grande en cette saison des pluies de voir les images de nos compatriotes décédés, accidentés, bloqués en chemin à cause du mauvais état de la route par ci, d’un éboulement par là, d’un pont cassé par ici, d’une route coupée par là-bas.
Tout cela révèle une seule chose, l’irresponsabilité de l’État, tant en matière de planification de l’entretien routier qu’en matière de mise en œuvre de la construction des routes et des logements du Gabon.
Le gouvernement a beau jeu de dissoudre et de ressusciter le ministère de l’habitat et celui des Travaux Publics, de limoger un ministre et de renommer un autre, sans même plus savoir si toutes ces décisions sont formalisées par des textes juridiques, on se demande simplement quelle part va être consacrée en 2023 à l’entretien de nos 3 000km de route sur un budget d’investissement estimé à peine à 250 milliards de francs dans le projet de loi de finance initiale adopté par le conseil des ministres et déjà déposé au parlement?
Non seulement ce budget est calculé sur les hypothèses fausses, mais il sous-estime aussi toutes les recettes fiscales dont celles de certaines ressources minières et forestières non prises en compte, et exagère les charges de l’Etat qu’il faut absolument gommer de la loi des finances car ne produisant aucun effet pour le bénéfice direct des populations. C’est donc un projet de Loi de finance insincère.
Le collectif budgétaire qu’il faudrait adopter dès notre arrivée au pourvoir en septembre 2023 réparera les dégâts.
Petit-Lambert Ovono, évaluateur certifié des politiques publiques

