Sur le fil du zénith, le film documentaire de Natyvel Pontalier entre spiritualité et la recherche de soi-même en compétition officielle au FIFA 2022

Résumé :

Je viens d’un peuple – les Fangs – où les morts ne quittent jamais les vivants. Mais depuis que nous sommes devenus chrétiens nous n’arrivons plus à les entendre. Perdue entre ce que je sais et ce que je vois, entre l’ici bas et l’au-delà, je mène une quête initiatique qui me permet de révéler notre histoire, celle qui n’a pas été transmise.

L’avis du Festival International du film d’Amiens (FIFA) :

Lorsque le film commence, nous ne savons pas vraiment où nous sommes, avançant à tâtons dans la nuit, balançant entre rêve et réalité. Cette sensation d’onirisme ne nous quittera jamais par la suite. Ici, les morts et les vivants dansent ensemble, le mystique et le réel cohabitent. La réalisatrice Natyvel Pontalier découvre un secret à la mort de sa grand-mère gabonaise : des reliques familiales cachées dans sa chambre, elle qui était une fervente chrétienne. Elle se lance alors dans une enquête intime et historique, à la recherche de son peuple, les Fang, avant la colonisation, avant l’évangélisation (« Mais qui étions-nous, avant qu’on nous découvre ? »), dans un geste politique, celui de retrouver une mémoire effacée, confisquée. Face aux récits écrits des colons, elle s’empare de sa caméra pour capter des paroles, une histoire orale qui se transmet, qui est vivante et qu’elle veut réactiver, révéler. La parole des personnes qui témoignent mais aussi la sienne, présente par la voix-off. Cette quête initiatique la mène à un retour à l’animisme, mouvement qui traverse aujourd’hui de nombreux films, qu’ils nous viennent d’Afrique, d’Europe ou d’Amérique, comme une nécessité qui anime les nouvelles générations. Au-delà des paroles, elle capte aussi les esprits. Rompant avec la tradition des documentaires ethnographiques où le filmeur blanc filme des rituels qui lui sont extérieurs, elle se la réapproprie et filme de l’intérieur. Nous vivons d’ailleurs l’illusion étrange de voir la réalisatrice elle-même (et ce n’est pas la première fois qu’elle se mettrait en scène dans le film, assumant sa position) entrer en transe et faire advenir l’esprit qui se manifeste. Ce mirage a été dissipé lors d’un entretien mais nous n’avons pas été seul.e.s à le croire. Ce phénomène est d’autant plus troublant lorsqu’on apprend que la réalisatrice a bel et bien été initiée au moment du tournage. Cette implication de la filmeuse qui la mène vers une transformation profonde et personnelle comme vers un manifeste qui répare et questionne, cette capacité à filmer l’au-delà comme le réel, cette mise en scène qui rassemble documentaire et monde des rêves, vie diurne et nocturne, font de ce film un grand film documentaire, mais surtout un geste de cinéma à part entière.

Marie-France Aubert, directrice artistique

SUR LE FIL DU ZÉNITH, Documentaire, France, Belgique, Gabon · 2021 · Couleur, 55 minutes

Scénario Natyvel Pontalier · Photographie Hélène Motteau · Montage Emma Augier · Son Ophélie Boully · Production Eugénie Michel-Villette, Aurélien Bodinaux , Pierre Ceccaldi

Contact distribution Lisa Reboulleau Distributeur Français TANGENTE DISTRIBUTION

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