Lettre ouverte d’Étienne Francky Meba Ondo à M. Alain-Claude Bilie By Nze

Si j’ai bien perçu l’ironie derrière la dernière sortie vidéo de mon aîné Chamberland Moukouama, lequel prétendait qu’il fallait mieux faire l’idiot au Gabon pour paraître intelligent, parce que le système politique PDG a horreur des Gabonais qui font encore bon usage de leur esprit critique, je continue cependant de croire que nous n’avons pas à nous soumettre à cet obscurantisme.

Parce que, justement, un Gabonais intelligent peut toujours feindre d’être idiot. Mais un idiot ne pourra jamais faire semblant d’être intelligent.

Monsieur Bilie By Nze, 

Cette introduction un peu loufoque pour te dire que (Oui, je te tutoie car c’est cet état d’esprit que m’inspire votre façon de gouverner le pays en insultant en permanence nos intelligences) tu retrouves petit à petit le rôle qui est le tien à l’approche de chaque élection présidentielle sous M. Ali Bongo Ondimba. C’est-à-dire celui du « Bon Fang de service » affecté à la sale besogne.

On se rappellera les colères des membres de ton MOGABO (Mouvement Gabonais pour Ali Bongo Ondimba) au lendemain de votre maintien truqué et ensanglanté au pouvoir en 2016. Oui, vous réclamiez avec véhémence les premiers rôles après avoir « sauvé » le pouvoir d’ABO. Pendant que nombreux de vos camarades du PDG rasaient les murs et se terraient dans leurs maisons au moment décisif de la présidentielle de 2016.

Tu étais sur tous les fronts médiatiques à défendre l’imposture. Votre zèle était alors sans limites. Entre Pacôme Moubelet, alors ministre de l’Intérieur qui affirmait avant votre forfait de 2016 qu’«aucun opposant ne pourra être élu tant qu'(il) sera ministre de l’Intérieur » et Ali Akbar Onanga Y’Obegue qui assurait le service juridique après coup à la Cour constitutionnelle, rien ne semblait vous surpasser.

Pourtant, votre MOGABO sera dissout par l’interdiction des tendances au sein du Parti Démocratique Gabonais. Et davantage lorsque le groupe que vous disiez en sourdine être composé d’arrivistes politiques venait vous voler la vedette auprès de M. Ali Bongo Ondimba. Notamment celui conduit par Brice Laccruche Alihanga (BLA), alors nommé directeur de cabinet du Président de la République à la suite de votre « braquage électoral de 2016 ».

Ascension fulgurante de BLA et Cie que tes amis et toi n’aviez pas digérée à l’époque. Clamant à qui voulait l’entendre que ces « enfants » n’avaient pas d’états de service justifiant qu’ils vous brûlent la politesse dans le contrôle de l’appareil politico-administratif.

Tant pis.

Ce sont eux qui auront la mainmise sur le second mandat détourné de M. Ali Bongo Ondimba. Imposant mieux que d’autres au PDG et en si peu de temps… Corruption, vol et endettement à outrance. Un vrai bordel qu’il faut désormais tenter de colmater pour la fin de mandat. C’est encore à ce moment qu’on repense aux « éboueurs politiques » et, surtout, au « Bon Fang de service ». 

Tout ceci pour te rappeler la nature du pouvoir que tu sers avec zèle et soumission parfaite, alors qu’une grande partie des Gabonais exige la fin de règne de M. Ali Bongo Ondimba et, donc, une alternance politique au sommet de l’Etat. 

Mais te revoilà au front. Notamment sur les dernières sorties de M. Ali Bongo Ondimba où tu assumes de combler ses incapacités apparentes à prendre lui-même la parole en tant que « Chef de l’Etat ».

D’abord, lors de sa visite auprès de la famille récemment endeuillée du PK8, à la suite d’un éboulement. C’est toi qui prenais la parole en lieu et place du premier concerné par cette sortie publique. Que cache ce jeu de rôle ?

Puis, récemment à Mouila, c’est encore toi qu’on voit en train d’entretenir la presse alors qu’Ali Bongo Ondimba lui-même était présent sur les lieux.

Voici un soi-disant Chef de l’Etat capable de prendre la parole à la tribune de l’ONU et partout ailleurs à l’étranger, mais qui n’est plus en mesure de s’entretenir en direct avec la presse locale Gabonaise.

Dans quel pays au monde a-t-on vu autant de mises en scène ridicules autour de quelqu’un qui se porterait à merveille ? La raison d’Etat ne justifie pas tout.

Monsieur Bilie By Nze, 

Toi qui es si souvent mis en avant lors de ces situations rocambolesques pour défendre l’indéfendable, sache que l’histoire est riche d’enseignements sur le sort réservé aux défenseurs zélés de ce pouvoir. Entre morts étranges et détentions en prison. Tu devrais bien méditer.

Sache également que nous n’oublierons rien de ton présent rôle contre la République et la vérité exigée par nombre de Gabonais.

Je ne suis pas de ceux qui parlent de Sosie à la Présidence de la République. Puisque vous avez fait obstruction à toutes les requêtes visant à démontrer la bonne santé de M. Ali Bongo Ondimba, tout en censurant les organes de presse qui osent se questionner à ce propos.

Que nous reste-t-il dans ce cas ?

Si ce n’est exiger — comme nous le faisons depuis le retour au Gabon de celui qui est présenté comme M. Ali Bongo Ondimba — un débat public en direct durant lequel il répondra lui-même à toutes les rumeurs et interrogations qui continuent d’alimenter les conversations sur la toile et dans nos quartiers.

Tel est l’objet de ma présente lettre ouverte.

Cordialement.

Étienne Francky Meba Ondo

Dit Meboon Môôn Meba Ondo

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