Ce que propose Maitre Louis Gaston n’est malheureusement pas la solution du Gabon à l’heure actuelle.
Les différentes réconciliations qui ont déjà eu lieu dans ce pays, qu’on appelle entre autres les dialogues, n’ont jamais profité au peuple gabonais mais à certaines familles.
On ne saurait en effet parler de réconciliation, sans passer par l’étape du dialogue, qui a toujours accouché d’une souris depuis les Accords de Paris de 1990.
Le problème du Gabon n’est pas à rechercher ailleurs, il réside dans la mauvaise organisation des élections présidentielles, principalement. Il suffit juste d’avoir des responsables honnêtes à la tête des institutions qui gèrent les élections dans ce pays, pour qu’enfin les résultats sortis des urnes soient transparents et sincères et que le perdant reconnaisse sa défaite.
Les différentes parties ou camps politiques sont divisés à cause de cette seule raison préalable.
Pourtant Omar Bongo et Paul Mba Abessole se sont réconciliés, au point que le deuxième accepte de figurer dans son gouvernement. C’est la même chose qui s’est passée entre le premier cité et Pierre Mamboundou Mamboundou? De quelle réconciliation voudrait encore expérimenter Maitre Louis Gaston Mayila? Celle d’Ali Bongo et de Jean Ping? Cela servirait à quoi et le Gabon gagnerait quoi? Celles d’avant n’ont rien apporté au pays en terme de développement et de réponse adéquate aux aspirations des gabonais.
Au contraire, elle va servir à perpétuer le système en place, avec comme schéma, un pouvoir qui restera aux mains d’une seule et même famille et les autres se contenteront de se relayer dans les différents gouvernements et autres institutions républicaines. Et les fils vont continuellement remplacer les pères.
Le peuple gabonais a simplement besoin de se reconnaitre en ses dirigeants, choisis lors des consultations électorales, pour appliquer les projets de société qui les ont conduits au pouvoir et présenter un bilan à la fin de leurs mandats.
Aucune réconciliation ne sera l’émanation du peuple mais des intérêts des protagonistes.
Il faut que l’on cesse de tourner en rond dans ce pays, mais de toucher le fond du problème, au lieu de toujours l’esquiver ou y mettre des pansements.
C’est pour cette raison que je soutiens la position de Jean Ping, même si d’aucuns semblent rigoler de ne pas le voir accéder au pouvoir, alors que sa posture est une école et servira à forger d’autres acteurs politiques dans ce sens, qui suivront ces pas, pour qu’enfin, le Gabon puisse enfin sortir de ce cycle de dialogues et de réconciliations.
Beaucoup se marrent de la situation actuelle, sans savoir qu’ils condamnent leurs progénitures à subir ce système éternellement.
Jean Ping au moins, a déjà gravé positivement son nom dans les annales politiques de ce pays, même s’il n’arrive pas ou plus au palais du bord de mer.
Pierre Ntoum.

