Une révolution de palais ou un coup d’État arrangé ? C’est un scénario que tout bon analyste politique pouvait prévoir ces dernières semaines et surtout après une défaite aussi cuisante d’Ali Bongo face à Albert Ondo Ossa qui vient de remporter la présidentielle avec un score très honorable de 80%.
Le peuple exulte depuis l’annonce de ce putsch facon-facon. C’est normal, parce que faire tomber Ali Bongo revenait à libérer le Gabon, pris en otage par une horde d’étrangers véreux et prêts à procéder au remplacement des gabonais par des gens venus d’ailleurs. Mais une fois l’euphorie de la chute d’un dictateur passée, il faut très rapidement revenir aux fondamentaux et dégager les priorités qui sont celles du peuple. Mais les premières déclarations des militaires me laissent un goût très amer. Ils annoncent carrément l’annulation de l’élection qui vient à peine de plébisciter Albert Ondo Ossa et la mise en place d’une transition de 2 ans.
Quand on prend en compte ces déclarations, on suppose que l’armée a un autre agenda. En effet, si c’est pour remettre les pendules à l’heure et redresser le pays, le Gabon n’a vraiment plus besoin d’une transition. Dans les pays où l’on organise des transitions politiques, c’est avant tout pour organiser des élections qui permettent d’élire un président de la République dans des conditions claires. Un professeur agrégé d’économie a été élu de manière exemplaire par des gabonais. Il a décliné un projet susceptible de faire démarrer l’économie immédiatement avec un plan d’actions précis dans tous les secteurs minés par la crise.
Que faut-il encore, dès lors que le temps est compté ?Les militaires qui ne connaissent que le maniement des armes sont-ils les mieux indiqués pour faire redémarrer l’économie devenue exsangue ? Il y a à ce niveau une incongruité manifeste qu’aucune logique ne peut soutenir.
Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule chose à faire : installer le président élu, Albert Ondo Ossa aux commandes du pays. C’est l’homme qu’il faut désormais à ce fauteuil et il a la légitimité qu’il faut.

