Si ce n’est que la contradiction entre ce qui est prévu par la charte et ce qui est fait, les exemples ne manquent pas.
Quelle disposition de la Charte prévoit la prestation de serment des membres du gouvernement ou du vice-président de la République devant le Président de la transition avant d’entrer en fonction ? Aucune. Ni même dans la Constitution de 1991 qui complète la Charte.
L’article 44 de la Charte dit que pour être membre du gouvernement il faut, entre autres conditions, être de bonne moralité. Est-ce le cas pour bon nombre de membres de ce gouvernement ? Je ne pense pas.
Qu’en est-il de la déclaration des biens des membres de la transition prévue à l’article 39 de la Charte. Il est dit que celle-ci doit être publiée au journal officiel et actualisée chaque année. On attend toujours de savoir si cette déclaration a déjà eu lieu.
On a assez discuté de la possibilité pour le Président-Général de se présenter ou pas à la future élection présidentielle. Y a-t-il une concordance entre les textes et ce qu’il dit aujourd’hui ? Il faut bien comprendre que personne n’est contre votre « libérateur » ou contre le fait qu’il réussisse la transition.
A moins d’avoir perdu toute capacité de réflexion et de bon sens du fait des méfaits causés par le bongoïsme dans nos consciences, il est normal que tout citoyen pointe du doigt ce genre d’incohérences.
Ce n’est qu’en diagnostiquant le cancer très tôt qu’on parvient à s’en débarrasser efficacement Mais pour les gabonais qui ne voyaient l’ancien régime Bongo-pdg que sous le prisme d’Ali Bongo/Sylvia et les spécialistes de la transhumance politique, évoquer ces craintes signifient faire un procès au Président-General. Pire, d’autres disent fièrement que « si on a supporté 50 ans de Bongoïsme, on peut supporter 5 ans ou 10 ans avec OLIGUI ». Ah bon ! On en reparlera quand il sera trop tard.

