« Le Pedegisme, une gangrène qu’il faut amputer » selon Serge Abslow

Pourquoi les pedegistes ne font jamais amende honorable et se cachent-ils toujours derrière de fallacieux arguments. Pourquoi ne se sentent-ils responsables de rien? Ils n’auraient fait qu’obéir aux instructions de supérieurs. Mais quels supérieurs? Puisqu’ils se sont tous succédés à toutes les fonctions administratives et à la tête de leur parti à tour de rôle.

Il faut les voir aujourd’hui, au moment où ils quittent ces fonctions, qu’ils ont acquises pour services rendus au PDG, lors des passations de charges, déclarer sans la moindre pudeur et à contre courant de la vérité:  » c’est avec un sentiment de devoir accompli, que je quitte cette fonction ». Devoir accompli? Si c’était vrai ça se saurait. Pour les pédégistes, tout va donc pour le mieux

Et pourtant, les gabonais constatent que ce pays ne s’est jamais aussi mieux porté que depuis qu’il échappe à leur mainmise. Rien qu’à voir les chantiers reprendre partout à Libreville et avancer à pas de géant, on se dit que c’était donc possible? On pouvait donc obliger les gens à travailler après avoir encaissé l’argent du contribuable, pour livrer les marchés publics?

Pourquoi travaille-t-on aujourd’hui et pas hier? La réponse est simple, ceux qui accordaient des marchés publics touchaient des rétro-commissions. Comment pouvaient-ils être exigeants en retour? Puisque ces corrompus se taillaient la part du lion de ces marchés juteux. C’est la part congrue qui allait aux travaux. Parfois, ils exonéraient même leurs corrupteurs de ne rien réaliser.

Cette propension à minimiser les conséquences de ces actes graves posés individuellement et collectivement par les cadres de ce pays, en politique, en administration ou en société, est une terrible maladie dont souffrira encore longtemps le corps social gabonais, si on n’en prend pas la réelle mesure. En effet, le « pedegisme » est une gangrène qu’on ne soignera que par l’amputation.

Voilà des gens, après avoir ratatiné leur pays en en faisant un pays atypique au regard du niveau abyssal de la corruption qui a fait décrocher notre pays, comparativement aux pays de même niveau, qui estiment qu’ils ne sont comptables de rien. Comble du cynisme, ils essaient de nous faire avaler qu’ils ont toujours exercé leurs fonctions avec honneur et rigueur. C’est à en pleurer de tristesse.

Si les pédégistes ne sont pas responsables de ce qui s’est produit dans ce pays au cours des 14 dernières années, qui donc est responsable? Nous autres qui n’avons cessé de denoncer leurs pratiques rétrogrades empreintes de clientélisme, de tribalisme, d’esthétisme, de favoritisme et de larbinisme? La facilité avec laquelle ces gens ont renversé la morale est étonnante.

Même quand ils devraient se cacher, ils s’exhibent. Comme ces parlementaires qui, sans la moindre gêne, réclament que leurs émoluments soient payés malgré la dissolution des institutions. Mieux, ils osent revendiquer que ce paiement tienne compte de la durée résiduelle de leur mandat. En d’autres termes, il faut continuer à les payer pour un job qu’ils ne font plus, qu’ils n’ont d’ailleurs jamais fait?

On devrait les payer et payer en même temps ceux qui travailleront au parlement durant la transition? Le simple fait d’y penser est ahurissant d’indécence. Seul le « pédégisme » peut inspirer un tel culot. Si l’on veut relancer dans ce pays la morale et l’éthique pour qu’elles influencent positivement la vie publique, il faut tuer le « pédégisme ». Sinon, il constituera longtemps encore le mal gabonais.

Seule la dissolution du PDG guerira le Gabon du « pédegisme » pathologique. Les raisons légales pour prendre une telle décision ne manquent pas. Parmi tant d’autres, les 143 députés pédégistes ayant reçu chacun 45 millions de francs CFA à la dernière campagne électorale peuvent-ils nous dire l’origine de cet argent? Il est évident que ces 6,4 milliards de CFA ont été supportés par le contribuable gabonais.

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