Le 25 septembre 2023, M. Mounir BARBOUCHI a officiellement pris ses fonctions de Conseiller Technique Sport au sein du Comité national Olympique Gabonais (CNOG).
Faisant suite à la demande de M. Crésant PAMBO, président du CNOG lors d’un entretien avec M l’ambassadeur de France au Gabon, M Alexis LAMEK, l’agence française d’expertise technique internationale, Expertise France, a procédé au recrutement de M. Mounir Barbouchi afin d’optimiser la coopération sportive déjà florissante entre nos deux pays.
De nombreux défis l’attendent, notamment l’appui à la préparation des athlètes gabonais pour les Jeux Africains au Ghana en mars 2024, la préparation de la délégation gabonaise pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, mais aussi les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2026 à Dakar. Dans ce portrait, il nous détaille les contours de sa mission et ses objectifs à moyens et long terme.
Introduction – Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’ai une formation teintée d’académisme et d’éclectisme. Après avoir obtenu une Maîtrise en Science et Technique des APS et le concours de Professeur d’Education Physique et Sportive, j’ai enseigné dans des collèges et lycées.
Mon parcours personnel et ma formation en Sports de Combat, en particulier la boxe, m’ont conduit à intégrer la Fédération Française de Boxe, où j’ai occupé diverses fonctions. En 2011, j’ai été nommé Conseiller Technique Sportif et Manager de la Région Île-de-France en Volley-Ball. Pendant cette période, j’ai obtenu un diplôme universitaire en « Droit du Sport » et validé le diplôme de l’INSEP (L’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) en Management du Sport. J’ai consacré beaucoup de réflexion aux systèmes de formation des entraîneurs et à la transmission des fondamentaux du haut-niveau pour favoriser l’émergence de jeunes talents sportifs.
En 2013, j’ai été détaché en tant que Directeur Technique National de la Fédération Royale Marocaine de Boxe. J’ai également occupé le poste de Chef de la Préparation Olympique pour les Jeux de Rio 2016 et Tokyo 2020. J’ai eu l’honneur de guider de nombreux champions vers leurs rêves olympiques. En 2016, j’ai réussi à obtenir tous les quotas olympiques féminins, avec un de mes boxeurs décrochant la seule médaille pour la délégation marocaine à Rio 2016, et la seule médaille en boxe pour tout le continent africain, ce qui a été une immense fierté pour moi.
En 2018, j’ai également contribué à remporter une médaille d’argent aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires.
Sur le plan personnel, je suis père de deux enfants, et je parle plusieurs langues, dont l’espagnol que j’ai appris grâce à mes voyages. Depuis de nombreuses années, je me suis fortement engagé dans le développement du sport en Afrique.
1. En tant que Conseiller Technique Sport, quelles sont les principales stratégies que vous envisagez de mettre en place pour atteindre les objectifs de réussite sportive et de performance de haut niveau pour les équipes nationales gabonaises lors des prochaines compétitions majeures ?
Nous sommes à moins de 300 jours de Paris 2024 et nous pouvons dire que les Jeux sont déjà faits. Ma stratégie repose sur une évaluation précise des athlètes, en identifiant ceux qui ont le potentiel pour se qualifier et ceux qui détiennent les compétences nécessaires pour briller au plus haut niveau.
Nous parlons ici de sportifs d’exception, ceux capables de rivaliser avec les meilleurs et de décrocher une victoire lors d’une compétition ou à la fin d’un combat.Nous sommes conscients de nos chances de qualification, et les athlètes en quête d’une place aux Jeux Olympiques ne sont pas nombreux.
Notre rôle consiste à les soutenir et à les aider à se préparer dans des conditions optimales. Je suis convaincu que nous pouvons compter sur un réseau international pour permettre à chaque athlète ou équipe d’optimiser leur préparation.
En fin de compte, c’est à eux de se surpasser, de battre constamment leurs records personnels et de défier l’ordre établi.
Ensuite, nos prochains événements nous mèneront au Ghana en mars 2023 et à Dakar en octobre 2026. Olympic Gabon devra être prêt pour ces rendez-vous importants. Nous allons donc collaborer avec les directions techniques pour réévaluer, analyser, et définir les équipes, les critères de sélection et de préparation en fonction des avancées scientifiques et de notre connaissance du niveau international. Je vais accompagner chacune d’entre elles pour élaborer son propre modèle de performance.
C’est seulement grâce à cette analyse et à cette réflexion collective que nous pourrons poser les bases de la réussite. Cette période sera cruciale
2. Vous avez une mission importante en matière de détection et de préparation de l’élite sportive au Gabon. Pouvez-vous nous expliquer comment vous comptez identifier et former les jeunes talents qui pourraient représenter le pays au niveau international ?
Je prévois de m’appuyer sur des partenaires essentiels, notamment les représentants de la pratique sportive à l’école, du Sport Scolaire, ainsi que les clubs, le mouvement sportif local et régional, et les directions techniques des disciplines les plus importantes au Gabon, telles que l’athlétisme, le football, le taekwondo, la boxe le basket-ball, judo, natation et tennis.
Notre objectif est de construire ensemble un processus d’initiation, commençant à l’école ou dans les clubs, puis évoluant vers la compétition. Nous devons collaborer pour organiser des moments spécifiques et importants, tels que les compétitions scolaires et régionales, afin de détecter nos jeunes talents, ceux qui deviendront les champions de demain.Une fois que nous aurons établi, renforcé et consolidé la base de la pyramide, les meilleurs athlètes, même dans les catégories jeunes, devront se mesurer à leurs concurrents et adversaires du continent.
En effet, la plupart des qualifications pour les jeux multisports se déroulent à l’échelon continental. Par conséquent, nos jeunes Gabonais doivent rapidement apprendre, dès leur plus jeune âge, à se hisser sur les podiums continentaux. Ils doivent devenir des références et être reconnus pour leurs performances.
3. La formation des acteurs du mouvement sportif gabonais est un élément clé de votre mission. Pourriez-vous nous décrire les initiatives que vous prévoyez pour renforcer les compétences et le développement du sport et de l’olympisme au Gabon ?
Après une période d’observation et d’analyse en 2022, le CNOG est désormais pleinement engagé dans l’amélioration de ses dispositifs de manière qualitative. Il est essentiel d’avoir des acteurs et des dirigeants qui comprennent non seulement les règles et les principes, mais aussi les enjeux du sport international. Tous les encadrants techniques doivent se former et obtenir les certifications nécessaires pour pouvoir officier à l’international.
Nous prévoyons de proposer des formations en collaboration avec les fédérations internationales et les confédérations africaines des disciplines concernées. Par exemple, en athlétisme ou en natation, où les normes et les méthodes chronométriques sont précises, il est crucial de disposer d’une méthodologie et de connaissances actualisées pour établir correctement les temps et les records.
Dans les sports de combat, nos juges et arbitres doivent être formés pour maîtriser les techniques et les coups les plus efficaces, ceux qui rapportent le plus de points. Ces techniques doivent être enseignées dès le niveau national.
En ce qui concerne le football, une discipline où le « modèle de performance est le plus abouti », il est crucial que les administrateurs de championnats soient bien formés et à jour des règles. Nous prévoyons donc de mettre en place un plan de formation pluriannuel destiné aux acteurs du mouvement olympique au Gabon, notamment les entraîneurs, les arbitres, les médecins, et même les journalistes sportifs. Cette action sera soutenue par le SCAC de l’Ambassade de France au Gabon.
Ambassade de France au Gabon

