Depuis la date de mise en place du parlement de Transition, mon téléphone n’arrête pas de sonner. Des parents, amis et connaissances ne comprennent pas pourquoi, je n’ai pas figuré parmi les artistes nommés à l’Assemblée nationale et au Sénat, compte tenu du combat que je mène depuis plusieurs décennies pour l’amélioration de la condition sociale des artistes gabonais. D’où ma présente mise au point.
D’abord, je tiens à vous remercier pour votre probité et votre reconnaissance. Mais, comme l’a dit un frère que j’ai lu dans un groupe, je le cite : « il y a des êtres humains qui sont nés pour bâtir, afin de laisser des empreintes indélébiles après leur passage sur terre, et d’autres qui ne pensent qu’à eux-mêmes ». Je suis de la première catégorie de ces personnes. Mon combat pour les artistes, je le mène avec passion et détermination. Sinon je l’aurais abandonné depuis longtemps, au regard de toutes les tracasseries et entraves de tous genres qui l’ont jalonné.
On ne mène pas un combat pendant 25 ans pour une nomination à un poste.Lorsque je me suis lancé dans ce combat en 1987, j’étais très conscient de l’ingratitude, l’égoïsme, l’égocentrisme et la jalousie des hommes : nous n’aimons pas voir les autres heureux ou réussir. Nous aimons voir les autres souffrir sans savoir ce que nous gagnons dans ça. Tout pour nous, rien pour les autres.
Ce sont tous ces maux-là qui ont conduit notre pays à la situation que nous vivons aujourd’hui. C’est donc vous dire que je n’attends rien, en termes de nomination, du CTRI que j’ai décidé de soutenir, parce qu’il a libéré notre pays de l’emprise des apatrides qui étaient sur le point de le mettre à feu et sang pour se maintenir au pouvoir et continuer à piller nos ressources et à s’enrichir.
Tout ce que je demande au Général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA c’est de mettre un terme à la cabale et la torture morale dont je fais l’objet de la part du clan BONGO-PDG qui, à ce qu’il me semble, n’a rien perdu de sa force de nuisance dans les arcanes du pouvoir.Ceci étant, mon combat pour l’amélioration de la condition sociale des artistes continue. J’ai beaucoup de défauts, je me trompe beaucoup, parce que je suis un être humain normal, qui n’a pas la science infuse. Pour terminer, au nom de la réconciliation nationale, je pardonne à mes tortionnaires.Norbert EPANDJA

