*Je crois que, loin d’avoir peur, les autorités ne cernent pas l’importance d’avoir une identité culturelle pour notre pays. Je suis allé à l’école les années soixante dix alors que je parlais déjà correctement ma langue maternelle.
J’etais bien imprégné des valeurs morales que regorge ma culture. J’ai trouvé une pratique à l’école qui obligeait à ne parler que le français au sein de l’établissement. Le moindre mot en langue maternelle nous valait de porter le « symbole » qui était le crâne d’un animal sauvage. Je remarque, avec beaucoup de recul que c’était une manière de tuer notre culture. La langue est un moyen indispensable de communication et surtout un facteur d’identification culturelle. Nous devrons veiller à ce que nos enfants maîtrisent chacun, sa langue maternelle par un moyen ou un autre, surtout en allant régulièrement dans nos villages respectifs.
S’agissant du choix d’une langue nationale, je crois qu’il serait judicieux de prendre une langue minoritaire pour éviter des frustrations sociales. Dans l’enseignement, nous remarquons que les enseignés sont plus nombreux que les enseignants. Il peut être vrai que cet argumentaire n’est pas scientifiquement soutenable mais tout est question de volonté politique. L’aspect sociologique peut être utilisé pour justifier l’intérêt de donner de la valeur à une communauté dont la langue est choisie pour être parlée par tous les GABONAIS qui maîtrisent, par ailleurs, chacun sa langue maternelle qui regorge un fabuleux trésor.
Nous avons un bel exemple donné par les nouvelles autorités qui ont choisi un nom d’une des langues minoritaires bien de chez nous, à une application ou un site internet qui permet aux Gabonais d’envoyer leurs contributions au CTRI. C’est une décision bien inspirée. Pourquoi ne pas garder la même inspiration pour faire le choix de la langue nationale dans ce sens*?
Dieudonne Koumba

