« Je veux manger les fruits de ce que j’ai eu à semer » par Norbert Epandja

Un proverbe Obamba dit ceci, je cite : « quand tu assassines l’enfant d’autrui, préserve-lui au moins son âme ».

Vous ne m’aimez pas ! Je vous le concède car c’est votre droit ! Mais permettez-moi au moins de manger les fruits du combat que j’ai mené pendant 25 ans pour les droits d’auteur. Ça, c’est mon droit, mais aussi une question de probité intellectuelle et de respect de la vie humaine.

Je ne le dirai jamais assez, même si cela va paraître monotone et fatiguant : j’ai sacrifié 25 ans de ma vie à me battre pour les droits d’auteur (1987-2012).

En 2012, quand j’ai constaté que le régime BONGO-PDG n’avait aucune intention de mettre en place au Gabon un organisme de gestion des droits d’auteur, j’ai pris l’initiative et la responsabilité d’organiser deux grandes assemblées générales des artistes :

La première, qui a eu lieu le 25 fevrier 2012 au studio Mandarine et a réuni 95 artistes, a adopté les statuts du Bureau Gabonais des Droits d’Auteur (BUGADA);

La seconde, qui a eu lieu le 27 avril 2012 à l’Auditorium du ministère des Eaux et Forêts, et a réuni 105 artistes, à mis en place le BUGADA.

Après avoir récupéré cette société de force, par le décret numéro 064 du 16 janvier 2013, le régime criminel d’Ali BONGO a estimé que je n’avais pas droit au travail, donc à la vie.

Durant toute ces années (25 ans), ce régime m’a livré une guerre farouche et déloyale (torture morale, diabolisation, marginsation, etc.), parce que me percevant comme le sauveur des artistes qu’il voulait toujours voir souffrir, mendier et mourir dans l’indigence.

C’est pourquoi, lorsqu’Ali BONGO est tombé le 30 août 2023, c’était, pour moi, le salut et la délivrance. Malheureusement, je constate aujourd’hui, pour le regretter, qu’à mesure que les jours passent, mon espoir de voir le CTRI et son Président me réhabiliter dans mes droits s’évanouit. Pourtant, je fais partie des gabonais qui ont eu le courage et la ténacité de lutter contre ce régime et ayant préparé ainsi les conditions qui vous ont permis de prendre le pouvoir.

Oui, moi aussi, j’aurais souhaité être nommé au Sénat ou à l’Assemblée nationale. L’une de ces tribunes m’aurait permis de poursuivre mon combat pour la Culture. Mais, j’ai compris qu’au Gabon, les citoyens qui œuvrent pour le progrès du pays, n’ont pas de place.

Monsieur le Président de la Transition, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, vous avez libéré notre pays. Le peuple gabonais vous en sera toujours reconnaissant. Et je me suis engagé à vous soutenir. Mais faites bien les choses. Nous ne voulons plus du système BONGO-PDG où la jalousie, l’égoïsme, l’égocentrisme, l’arrogance, le mépris de la vie humaine, les assassinats, les détournements de fonds étaient érigés en idéologie ou philosophie de gouvernance.

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