Que l’on soit pour ou contre « le coup de libération » du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), il est un fait que la chute du régime, autoritaire d’Ali Bongo Ondimba, offre une opportunité de démocratisation et d’amélioration des conditions devant guider la future gouvernance du Gabon. Mais ces objectifs ne peuvent être atteints que si le Président de la Transition le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema se donne le temps et les moyens de créer les conditions pour y arriver.
En effet, dans un communiqué le CTRI a annoncé la durée de la transition à 24 mois avec en ligne de mire l’organisation de l’élection présidentielle en août 2025. Ainsi, la démocratie devra se construite en garantissant la paix civile en maintenant l’ordre dans la rue, en barrant la route aux extrêmes, en pratiquant le dialogue et la négociation, en menant une politique modérée guidée par l’esprit de consensus. C’est bien là, dans cette nécessaire transcendance du conflit par la recherche symbolique du consensus, que se situe l’origine de cet « esprit de la transition » qui conditionne tant l’imaginaire politique du CTRI, et en particulier du Président de la Transition le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema.
Brice Clotaire Oligui Nguema est cependant un soldat, de formation, de métier, de tempérament, et ce caractère reste indélébile. Théoricien trop méconnu et magnifique chef militaire, sa carrière sous les armes est exceptionnellement brillante. II a gardé le culte de l’armée, qui est pour lui la synthèse de la patrie, la condition de son existence et de sa grandeur.
Avec la Transition, le Président Oligui Nguema met en exergue la nécessité avant tout au-dessus de tout, et de l’armée même, d’un État fort, cohérent, continu, condition même de la vie d’une nation, et, par suite, d’un rouage essentiel, capable de maintenir la machine en marche. Ainsi, il considère la présidence de la République comme un arbitre, oui, mais aussi un lien avec la nation, et un chef en cas de péril, quand tout s’effondre.
Mais un État restauré, rétabli dans ses attributions naturelles, doit rester un État démocratique. Qui donc oserait douter, après les événements que nous venons de vivre (en l’occurrence le 30 août 2023), des sentiments du Président de la Transition Oligui Nguema ? C’est à lui, que le Gabon doit la restauration des institutions. Il a surmonté des difficultés sans nombre. Il en trouvera d’aussi dures, d’un autre ordre, aujourd’hui. Mais cette fois encore il a le Gabon, tout un peuple, derrière lui.

