1-Le piège des choix des politiques économiques.
Il est aujourd’hui clair que nous avons gaspillé de l’argent à organiser par exemple une CAN avec un stade Olembé qui n’est pas terminé. On a opté pour le modèle du Big push en finançant avec des sommes énormes des projets structurants de première et deuxième génération qui ne sont pas terminés pour la majorité. Tous les projets structurants ont été financés par endettement et il était évident que le modèle allait plomber. Si on ne pouvait pas résoudre la crise OTS de 180 milliards de francs CFA c’est pas la crise pétrolière qu’on allait résoudre. En l’état, il faut en moyenne 1500 milliards de francs CFA pour résoudre cette crise pétrolière dans les 06 mois à venir, c’est ce qu’on ne veut pas nous dire. C’est en moyenne 300 milliards de francs CFA d’importations par mois.
2- Le problème de la chaîne logistique pétrolière internationale
Il faut intégrer les réalités de l’approvisionnement en stock d’alerte et stock de sécurité. Sans oublier les exigences des marketteurs et des traders. Il y’a également les exigences de la chaîne logistique internationale avec des tankers et pétroliers qui ont un timing pour accoster dans un port. Si vous choisissez de faire venir du pétrole à Douala qui est un port de l’estuaire et non un port océan ou un port au tirant d’eau élevé ou un port en eau profonde, c’est clair qu’il faudra autant de petits navires qui vont accoster et perdre le temps alors qu’il y’a des besoins d’approvisionnement. Or, avec un accostage à Kribi qui a l’un des tirants d’eau les plus élevé en Afrique, les navires pétroliers aux grandes capacités d’approvisionnement vont permettre de gagner du temps et en quantité de livraison comparée à ceux de Douala, mais on a malheureusement choisi le PAD pour faire accoster les 90% des métriques tonnages.
3-Les conseils approximatifs du FMI
Même le FMI n’est plus crédible. Le FMI nous a mal conseillé et on a choisit de l’écouter. J’avais rédigé un article il y ‘a 11mois en déconseillant cette politique de levée des subventions. Le problème n’était pas là. Le problème était de trois natures:
-La restructuration dans l’urgence de la SONARA
-Dresser les statistiques sur la flotte automobile actuelle et future du Cameroun pour savoir quelle est la quantité moyenne de carburant consommée par an. Comment pouvez-vous importer du pétrole sans connaître votre demande ? Les voitures arrivent au port de Douala chaque jour et sont mis en circulation pour consommer du Carburant. Voilà où j’en veux au FMI.
-L’absence de devises au détriment de notre monnaie locale le FCFA.
-Les anticipations sur le timing de la chaîne logistique pétrolière internationale.
– L’optimisation des stocks d’alerte et de sécurité.
-La gestion optimale des marketteurs et traders.
Voilà où le FMI nous a trompé. Je suis amusé de leurs conseils.
4- Recommandations
-Si la crise OTS a été renvoyée aux calendres Grecs, la crise pétrolière est non négociable. Elle doit trouver une solution. Il faut trouver des devises dans le court terme.
– Le vrai visage de l’import-substitution est là. Voilà où il faut commencer. Pour des importations d’environ 3500 milliards de francs CFA en 2022 pour des exportations de 1500 milliards de francs CFA. Voilà une niche d’exportation du pétrole à transformer. La construction de deux mini-raffineries avec la technologie chinoise peut nous coûter maximum 600 milliards de francs CFA. Une raffinerie pour les régions du Centre, Sud et Est. Une autre pour le Nord, l’extrême nord et l’Adamoua. La raffinerie de Limbé après restructuration alimenterait le Littoral, le Sud-Ouest, le Nord-Ouest et l’Ouest.
-La construction des pipelines pour l’acheminement des produits pétroliers entre les trois grandes raffineries pour les livraisons vers des entrepôts centraux qui le feront également vers les petits dépôts (stations) tout ceci dans une organisation des tournées de livraison d’un réseau de distribution physique optimal.
Le problème de cette crise n’est pas seulement économique, c’est également un problème de logistique et transport. Les pouvoirs publics doivent s’habituer à écouter les Logisticiens…
Dr ONGUENE ATEBA,
Économiste et Logisticien des transports

