J’ai eu plaisir à lire certaines réactions suivant l’annonce de la réduction du prix de la bouteille de gaz de 5.950 francs CFA à 4.950 francs CFA. Dans une approche pédagogique qui peut être enrichie par vous en commentaire, j’aimerais apporter les contributions suivantes :
1) La réalité est que le Gabon ne produit que 20 % du gaz butane qu’on consomme, le reste étant importé. 𝐋𝐞 𝟎𝟖 𝐝é𝐜𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟑 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐱𝐞𝐦𝐩𝐥𝐞, 𝐥𝐞 𝐏𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐓𝐫𝐚𝐧𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐆𝐥𝐞 𝐁𝐫𝐢𝐜𝐞 𝐂𝐥𝐨𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐎𝐋𝐈𝐆𝐔𝐈 𝐍𝐆𝐔𝐄𝐌𝐀, 𝐞𝐧 𝐩𝐫ė𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐏𝐈𝐍𝐆, 𝐢𝐧𝐚𝐮𝐠𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐥’𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐠𝐚𝐳 𝐛𝐮𝐭𝐚𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐁𝐀𝐓𝐀𝐍𝐆𝐀(𝐎𝐠𝐨𝐨𝐮ė-𝐌𝐚𝐫𝐢𝐭𝐢𝐦𝐞). 𝐌𝐚𝐥𝐠𝐫ė 𝐜𝐞𝐬 𝟏𝟓.𝟎𝟎𝟎 𝐭𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐮𝐩𝐩𝐥ė𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐠𝐚𝐳 𝐛𝐮𝐭𝐚𝐧𝐞 𝐩𝐫ė𝐯𝐮𝐬 𝐜𝐡𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐧𝐧ė𝐞 pour 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐨𝐦𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥𝐞), L𝐞 𝐆𝐚𝐛𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐯𝐫𝐚 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐫 𝟔𝟎% 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐨𝐦𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐨𝐜𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐠𝐚𝐳.
2) D’aucuns diront pays producteur de pétrole, oui, c’est vrai. Mais que ceux que l’essence, le gaz, etc… qu’on consomme sont des produits raffinés et non bruts. Tant que nous ne disposerons pas d’usine de raffinage de masse, nous continuerons à vendre notre pétrole et gaz brut pour acheter (importer) du pétrole et du gaz raffiné ailleurs. 𝐎𝐍 𝐕𝐄𝐍𝐃 𝐍𝐎𝐓𝐑𝐄 𝐁𝐑𝐔𝐓 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐑𝐀𝐂𝐇𝐄𝐓𝐄𝐑 𝐃𝐔 𝐑𝐀𝐅𝐅𝐈𝐍E 𝐀𝐅𝐈𝐍 𝐃𝐄 𝐏𝐄𝐑𝐌𝐄𝐓𝐓𝐑𝐄 𝐀𝐔 𝐏𝐀𝐘𝐒 𝐃𝐄 𝐅𝐎𝐍𝐂𝐓𝐈𝐎𝐍𝐍𝐄𝐑 . 𝐋𝐞 𝐧𝐨𝐞𝐮𝐝 𝐝𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥è𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐞 𝐧𝐢𝐯𝐞𝐚𝐮,𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐪𝐮𝐞.
3) Le problème du Gabon est le même que celui de plusieurs pays producteurs de pétrole de la CEMAC. Au Cameroun, la bouteille 13 kg de gaz est à 6.500 francs CFA, au Congo Brazzaville à 5.700 francs CFA, en RDC à 12.600 francs CFA, en Guinée-Equatoriale à 30.000 francs CFA, en RCA 18.500 francs CFA (montant pris sur Google)… contrairement à l’Angola où la même bouteille de 13 kg est à 850 francs CFA (1.200 kwanza). 𝐎𝐍 𝐕𝐄𝐍𝐃 𝐍𝐎𝐓𝐑𝐄 𝐁𝐑𝐔𝐓 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐑𝐀𝐂𝐇𝐄𝐓𝐄𝐑 𝐃𝐔 𝐑𝐀𝐅𝐅𝐈NE 𝐀𝐅𝐈𝐍 qu l’𝐀𝐧𝐠𝐨𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐦ê𝐦𝐞 𝐝’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐫ėserves 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐂𝐀𝐁𝐈𝐍𝐃𝐀. 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐝𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐞𝐮𝐭-ê𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐆𝐚𝐛𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐬’𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐝è𝐥𝐞 de 𝐥𝐚 𝐂𝐄𝐌𝐀𝐂 pour ba𝐭𝐢𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐫𝐚𝐟𝐟𝐢𝐧𝐞𝐫𝐢𝐞.
4) Beaucoup ont estimé qu’une réduction de 1.000 francs CFA n’est pas significative. Certes, mais 1.000 francs CFA représente le double de la redevance audiovisuelle (taxe de 500 francs CFA sur les abonnements canal, etc …) qui génère 2 milliards de francs CFA/an. Sachant que tous les foyers ne sont pas abonnés CANAL, mais que tout foyer paye au moins 1 bouteille de gaz par mois, on peut imaginer la perte de 1.000 francs CFA/bouteille. Nous pouvons estimer tout cela à pas moins de 5 à 10 milliards de pertes par an que l’Etat devra compenser (soit par la péréquation, soit par d’autres mécanismes, mais cela à un prix). C’est certes peu, mais ce n’est pas rien.
En conclusion, tant que le problème de raffinerie ne sera pas résolu, le gouvernement aura soit à plus subventionner pour diminuer les prix des produits pétroliers, soit à laisser les prix grimper et subir l’offre du marché. Mon vœu est de voir cette bouteille passer à 4.500 francs CFA d’ici fin 2024 (dont 500 francs CFA prélevés pour soutenir l’entrepreneuriat local).

