Les différents bouleversements dans l’art militaire du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ont eu une grande influence sur le développement de l’Etat, notamment depuis le 30 août 2023. Révolutions de palais et coups d’État marquent l’histoire du Gabon. À l’heure où l’on s’interroge sur la solidité du pouvoir du général de brigade Brice-Clotaire Oligui Nguema, ces conjurations, dont certaines ont réussi, sont riches d’enseignements.
En effet, depuis plusieurs semaines déjà, la possibilité d’une conspiration contre le président de la Transition, d’un coup d’État, ne quitte pas les esprits, car la spectaculaire rébellion armée du patron du CTRI en dit long sur la tension qui règne entre les clans qui se partagent le pouvoir à Libreville. Cette tension est provoquée par les ambitions démesurées et les intérêts personnels. C’est un coup de poignard dans le dos de notre pays et de notre peuple. Le CTRI doit profiter d’un appui important au sein du régime militaire. En particulier, il doit compter dans leur équipe des officiers de haut rang qui ont un large réseau. Les forces de défense et de sécurité doivent à tout prix placer leurs opposants devant le fait accompli. Les guerres, on sait comment et quand elles commencent, mais nul ne peut prévoir le temps et la qualité de leur fin.
On aura donc compris qu’il s’agit là, potentiellement, de l’un des chantiers historiques les plus passionnants qui soient pour le Gabon, mais aussi un de ceux qui permettront peut-être de renouveler de façon radicale non seulement l’épistémologie de l’histoire militaire, mais également l’épistémologie de l’histoire en général de notre pays.

