Le Gabon culinaire aujourd’hui regarde davantage vers le passé que vers l’avenir, comme si notre cuisine semblait vouée à revenir aux recettes d’antan.
Gautier Mamfoumbi ne nie pas leur importance ni leur gourmandise, mais il se demande si la cuisine d’aujourd’hui est réductible à son passé. Ne doit-elle pas plutôt être un terrain d’expérimentation, propice à la création ? Sommes-nous prêts à une cuisine gabonaise qui privilégierait une démarche d’avant-garde ?

Dans cette préférence pour les recettes du passé, Gautier lit un rejet de l’innovation et un renoncement à des lendemains goûteux et audacieux. Il constate un retour en arrière, nostalgique et ô combien confortable. Ce retour en arrière culinaire tend à occulter les enjeux essentiels et à interdire les évolutions nécessaires. Comme les autres métiers de la création, la cuisine est une matière organique qui doit rester ouverte aux influences, aux nouvelles pratiques ou aux technologies les plus récentes.

Aussi, son restaurant « Félicité » propose des menus spéciaux rendant hommage à la cuisine gabonaise. Il est possible d’y déguster du Filet de poisson dans sa salade de légumes, agrémenté de son onctueuse sauce amarante au lait de coco qu’un poulet Nyembwe au lait de coco avec son cercle de légumes frais, un sauté de poulet à l’amarante dans son cercle de légumes, un poché de poisson vapeur aux herbes locales agrémenté d’une poêlée d’amarante, un haché de feuilles de manioc à la vapeur avec beurre de cacahuète et maquereau fumé ou pour finir un fourré de poulet vapeur à la patate douce et aux herbes locales, agrémenté d’une poêlée d’amarante.

Force est de constater que le Gabon connaît aujourd’hui une densité tout à fait exceptionnelle de talents culinaires. Cette offre gastronomique ne cesse d’étonner et de ravir Gautier Mamfoumbi. C’est un chef de talent, installé à Libreville, concerné par les enjeux d’aujourd’hui.

