Ouvrir une librairie au Gabon est un acte militant, guidé par l’envie d’offrir aux habitants un service culturel de proximité. Être libraire généraliste au Gabon est bien un artisanat, dans la mesure où il travaille sur mesure, il crée du lien et affine ses choix d’ouvrages dans la masse de ce qui est produit. Il propose un service de commande à l’unité pour les livres qu’il n’a pas en stock. Le libraire essaye de proposer une offre de qualité dès le début, que ce soit en littérature, jeunesse ou actualité et sciences humaines. Bien sûr, son choix est fonction de ses goûts, mais aussi fonction de la clientèle. Cela lui donne l’occasion de varier son offre.
C’est dans le cadre de la défense de l’accès à la culture, à la lutte pour la démythification du livre (dire et redire, surtout aux plus jeunes, que la lecture est un plaisir dont il serait dommage de se priver) que l’Association pour la promotion du livre et des arts (APLA) organise en marge du Salon du Livre de Jeunesse de Libreville (qui est prévu du 9 au 13 avril 2024) une Formation des Libraires du 10 au 12 avril 2024 de 9 heures à 16 heures à Les participants apprendront l’importance de la librairie dans la chaine du livre ; développer son assortiment et gérer son stock ; Accueillir et conseiller ses clients ; Aménager et organiser sa librairie ; Animer la librairie et développer son réseau.
En effet, l’accès aux livres, c’est aussi l’accès aux idées, et c’est surtout l’accès à l’esprit critique par rapport à tout ce qui paraît et à tout ce qui est montré au travers de la publicité. Les informations sont complètement formatées par les médias, en particulier par la télévision, et c’est une bonne chose qu’existent quelques maisons d’édition à la voix discordante. Avec Internet, le rapport à la lecture a déjà changé, car les deux univers sont différents. L’arrivée du kindle et les autres formes à venir de livre numérique, c’est l’occasion de faire venir un nouveau public et une nouvelle clientèle.
Si la dématérialisation a quelque chose de pratique, les libraires sont a priori des amateurs du papier : les livres ont une odeur, pas l’informatique. De toute façon, la librairie, c’est une question de contenu et non une question de support. Si l’avenir doit voir disparaître le livre papier, cela sera un moindre mal si cela renforce l’accès du plus grand nombre à la lecture.
Tout ceci pose bien sûr à plus ou moins long terme la question de la politique des prix. Il va falloir à la fois soutenir le prix du livre papier par rapport au livre électronique et inventer une politique de prix pour ce nouveau produit. Sinon, les libraires disparaîtront comme les petites salles de cinéma ont disparu ou comme les disquaires. Vivement la formation de l’Association pour la promotion du Livre et des Arts (APLA).

