Le ver pourrait bien être dans le fruit

Ce nom qui fait couler encre et salive, mérite enfin qu’on s’y intéresse pour savoir qui est ce Monsieur que les gabonais découvrent sous une sombre toile, alors qu’il s’est toujours tenu à l’écart de l’engagement politique de sa femme. De quoi est-il question au juste? Cyrille Ndong est un gabonais originaire du Moyen-Ogooué. On vous épargne son parcours scolaire pour retenir qu’après son bac, il entre à l’USTM d’où il sort nanti d’un diplôme d’ingénieur. Il est recruté par la branche locale de la Société Internationale de Télécommunications Aéronautiques (SITA). Il y travaille durant 10 ans en tant qu’ingénieur. A la faveur du rachat par France Telecom de la SITA, il est débauché à Libreville pour intégrer le groupe à Paris.

Cyrille Ndong capitalise à ce jour 32 ans d’expérience dont 22 ans à des postes de responsabilité dans le groupe devenu Orange. Toute sa carrière, il a été ingénieur référent sur des projets majeurs en lien avec les Télécommunications réseaux en Afrique et en Europe. Au moment où il est nommé à la SPIN (et non à l’ARCEP encore moins à la Direction générale de l’Economie numérique qui n’existe pas), Cyrille Ndong est haut cadre du Groupe Orange Business Services leader français de la télécommunication. Il est l’un des rares gabonais à avoir atteint un tel niveau de responsabilité au sein d’une entreprise du CAC 40.

C’est ce gabonais compétent et expérimenté dans un domaine hautement stratégique que les gabonais vilipendent. Le niveau de rémunération et d’avantages acquis à Orange ne pourra jamais lui être restitué par la SPIN au Gabon.

Accepter de renoncer à sa vie de cadre supérieur en France pour rentrer au Gabon et mettre son expertise au service de son pays, relève du sacerdoce. La nomination d’un tel gabonais, en expatriation en occident, alors que c’est souvent le contraire, ne peut être du simple népotisme?

Les faits son têtus. Laurence Ndong n’a pas pu nommer son mari puisqu’elle a été dessaisie de l’Economie Numérique, tutelle de la SPIN le 17 janvier 2024. Elle a d’autant moins pu le faire, que son mari n’a été nommé que le 22 suivant.

Qui s’est offusqué dans ce pays de tous les compatriotes dont les conjoints ont souvent été nommés dans les ambassades où leurs partenaires étaient ambassadeurs?

De ce point de vue, l’affaire Ndong est un épiphénomène. En vérité, ce n’est pas le couple  Ndong qui est mis en cause. Leur pédigrée parle pour eux. C’est davantage l’autorité de nomination qui est conspuée par une opinion manipulée par des lobbies et des officines.  Oui, l’affaire Ndong n’a de seul fondement soutenable que l’aigreur et la haine, complétée par une bonne dose d’ignorance. Ce débat pose la question du modèle de gabonais que nous voulons à la tête de notre pays? La sortie du CSPR sur cette affaire étonne. Le ver pourrait bien être dans le fruit.

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